Il fait plutôt frisquet jeudi dans la petite église de Rolleboise à flanc de colline, mais le chèque de 11 594 euros que Paul Boeglin vient de remettre au maire Maurice Boudet réchauffe les cœurs.
La rénovation de l’intérieur de l’édifice est la dernière opération en date financée à 50 % par l’association Valeur et Culture. « L’église n’est pas classée, en revanche le site, lui, l’est, ainsi que le marronnier à côté du bâtiment », explique Maurice Boudet. Certaines parties de l’église datent du XVe siècle, mais elle a subi de multiples démolitions et reconstructions au fil du temps. « Sur les vingt dernières années, nous avons réalisé tout le ravalement extérieur, restauré la voûte en bois et le clocher de type havrais. Mais à l’intérieur la vieille peinture au zinc d’après-guerre était en piteux état. Et notre petite commune avec ses 401 habitants n’avait pas les moyens de subvenir à cette nouvelle dépense », explique Maurice Boudet. Autant dire que l’intervention de Valeur et Culture a été une providence.
À l’heure de la remise du chèque, Paul Boeglin qui vient de prendre la présidence de l’association a eu une pensée pour le regretté Didier Simond, qui avait fondé l’association en 1990.
Cette dernière a pour but d’organiser des manifestations et de collecter des fonds auprès de mécènes pour la mise en valeur du patrimoine de la Vallée de la Seine.
Fondée par Didier Simond
Tout a commencé le jour où franchissant la porte de la collégiale de Mantes, le curé a mis en garde Didier Simond (alors président de la chambre de commerce et d’industrie) des pierres qui risquaient de se détacher à tout moment.
Quelques années plus tard, en 1996, Valeur et Culture finançait ses deux premières opérations de rénovation : la restauration des portails de la Vierge (51 123 euros) et de la Résurrection ainsi que la mise en lumière de la collégiale (65 553 euros). Deux ans plus tard, c’était la restauration du portail des échevins (34 000 euros).
Suivront en 2004 des participations de 40 799 euros à la restauration de la rosace (soit 28 % du coût de l’opération), aux travaux d’embellissement de la Tour Saint-Maclou (17 300 euros, 20 % du montant de la facture) et à l’éclairage de l’église Sainte-Anne de Gassicourt (13 000 euros).
Il convient aussi de citer la restauration des vitraux de la chapelle Saint Jacques à Mantes-la-Jolie, en 2005 et 2006, entièrement prise en charge par l’association (39 757 euros), la restauration du beffroi de la collégiale 38 000 euros, la réfection du clocher de l’église de Drocourt.
Au total en une décennie, Valeur et Culture aura contribué pour 430 000 euros à divers projets de restauration, soit en assurant seule le financement, soit en participant aux côtés des collectivités publiques, mairies, conseil général, conseil régional, ministère de la Culture.
Impliquer les industriels
Autant dire qu’en son temps Didier Simond avait fait jouer son influence et son carnet d’adresses. Parmi les principaux mécènes figurent les ciments Calcia et les Sablières de la Seine. Une implication des grandes entreprises de la région que Paul Boeglin compte bien poursuivre et développer : « Le grand concert que nous organisons chaque année à la collégiale est un moment important. Il permet de faire rentrer des fonds. Nous avons également beaucoup de petits donateurs. Mais il me semble important que les grands industriels de la Vallée de la Seine se sentent concernés par la protection et la conservation du patrimoine culturel et historique de la Vallée de la Seine », affirme-t-il.
Les projets ne manquent pas : Valeur et culture prévoit de donner un coup de main au maire de Follainville-Dennemont, Samuel Boureille, pour restaurer l’église Saint-Martin (35 464 euros sur une facture de 177 324 euros). La réalisation d’un sas d’entrée en vitrage à la collégiale est également en bonne voie.
Valeur et Culture, allées des Marronniers, BP 61 425 – 78204 Mantes-la-Jolie.
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