Nuit de la Toussaint, nuit d’émeute aux Mureaux. Une fois de plus, des heurts ont opposé la police aux jeunes du quartier. Au moins une centaine de policiers ont été mobilisés dans la nuit de jeudi à vendredi.
Situés dans une impasse, les Relais citoyens ont fait les frais de la fureur de plusieurs individus qui ont décidé, la même nuit, de s’en prendre à l’association. Les Relais citoyens ont toujours tenté pourtant de maintenir le lien entre les habitants et les institutions.
Une cassette vidéo
Pourquoi ont-ils été visés ? Moussa Sako, le président des Relais citoyens, ne comprend pas et ne cache pas sa déception. « Les portes des bureaux ont aussi été fracturées. Tous les rangements ont été fouillés », explique-t-il en montrant son local, dévasté. Imprimante-scanner, ordinateur, chaîne hi-fi : tout a disparu.
Une semaine plus tôt, jeudi 25 octobre, une grande réunion avait lieu à la salle des habitants avec la sous-préfète de Mantes-la-Jolie, le commissaire de police, l’inspection académique, des représentants de la mairie, les adultes du relais et des associations de quartier. Au cours de cette réunion, une cassette vidéo est diffusée. Elle montre des violences entre les jeunes et la police, en novembre 2006, aux Musiciens, quartier Bizet.
Sur cette cassette, on voit des jeunes s’en prendre à une automobiliste qu’ils extraient du véhicule, avant de brûler la voiture un peu plus loin et de laisser la victime à terre. « Un document très choquant », témoigne Moussa Sako.
« Après avoir visionné ce film, j’ai pris l’initiative d’organiser une réunion avec les familles du quartier pour dénoncer cet acte ignoble, et pour tenter de trouver des solutions avec les parents pour que la violence cesse. Cette deuxième réunion s’est déroulée le jeudi 1er novembre après-midi dans nos locaux. Une quarantaine de familles étaient représentées, issues des quartiers de Bizet, Vigne-Blanche, cité Renault et Bècheville. Dès que la réunion s’est achevée, trois jeunes que je ne connais pas sont venus me réclamer la cassette des violences… J’ai répondu que je n’avais pas de cassette », raconte le président des Relais citoyens.
Les auteurs du cambriolage étaient-ils à la recherche de cette fameuse cassette diffusée une semaine auparavant ? Aucune certitude, mais il demeure qu’il fallait des outils performants et beaucoup de détermination pour faire sauter les trois verrous de la porte blindée de l’appartement. Bénévole à temps plein, Moussa Sako ne souhaite pas s’arrêter pour autant. « On n’abandonne pas ! On va lutter ! », lance-t-il.
Série noire
Les Relais citoyens ne sont pas hélas la seule association à avoir connu pareils déboires ces derniers temps. Du matériel informatique avait été dérobé à l’annexe du centre social Rouget-de-Lisle pendant les vacances d’été, le centre avait été contraint de fermer. Récemment, c’est encore dans le même quartier que les ordinateurs du centre social Georges-Brassens ont disparu, avant son inauguration. Et selon certaines sources, les alarmes de cet équipement refait à neuf n’avaient pas fonctionné.
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