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Le Muriautin a raté l’occasion d’une qualification pour les Jeux de Pékin. |
Le pugiliste, pourtant convaincu de ne pas encore avoir à subir ce genre de péripéties, avait même confié avant son championnat : « Je ne pense pas qu’il y aura des abus au niveau de l’arbitrage. Parce qu’on est aux États-Unis, la patrie de la boxe, et parce que la compétition est retransmise dans le monde entier, ce qui va certainement permettre d’éviter les tricheries. »
De fait, c’est le seul Français de la délégation nationale qui a été réellement spolié de sa victoire.
Le combat, présenté comme une finale avant la lettre, aura rapidement tourné à l’avantage de l’Américain, le soutien unilatéral de juges plus prompts à faire plaisir au public qu’à respecter l’éthique sportive y étant pour grande part.
Après un premier round assez équilibré, Russell possède une touche d’avance (3-2). Par la suite, l’Américain creuse point après point son avance au fil des rounds. La délégation française a parlé d’un « match verrouillé, les touches de notre boxeur étaient oubliées tandis que certaines caresses de Gary Russell se voyaient comptabilisées ».
Pour l’entraîneur muriautin de Hallab, Moktar Hadjri, la déception l’a disputé à l’écœurement : « Ces huitièmes de finale, c’était les seuls tours où il fallait tricher car ils permettaient de qualifier les boxeurs pour Pékin. Il a fallu malheureusement que Ali tombe sur un Américain. » Ainsi, sur les cinq Américains engagés en quart et qualifiés pour Pékin, trois sont restés à quai.
La réforme du pointage des combats voulue par l’Association internationale de boxe amateur (Aiba) devrait stopper ce genre d’abus mais elle n’entrera en vigueur qu’après Pékin. « On peut dire ce qu’on veut de la scoring-machine, a repris Moktar Hadjri, mais au bout, il y a toujours un homme qui appuie… ou n’appuie pas. Le système fonctionne de telle manière que celui qui met les premières touches n’a plus qu’à gérer son avance car il est toujours plus facile de défendre que d’attaquer. C’est ce qui s’est passé avec Russell. On lui a compté des touches imaginaires, on a fermé les yeux sur celles de Ali et lorsqu’il a accusé un gros retard, il a dû aller au charbon, ce qui a encore plus favorisé Russell. »
Reste désormais à savoir comment le Muriautin va digérer cette défaite inique. Dans son malheur, le poids coq aura au moins l’avantage de disputer les tournois pré-olympiques de Pescara (Italie) et Athènes (Grèce) avec les cadors de la sélection française. « Ce ne sont pas forcément les meilleurs Français qui se sont montrés à Chicago. Avec Ali, d’autres cadres tels que Djelkir ou Thomas n’ont pas réussi à obtenir leur billet. Ils vont repartir ensemble et je pense qu’avec l’effet de groupe, ils parviendront à se qualifier pour la Chine », a terminé Hadjri.
Résultats : 8e de finales Coq (54 kg) : Garry Russel (États-Unis) bat Ali Hallab aux points (22-14).






