Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des drames qui se déroulent dans le milieu familial avec des chiens que leurs maîtres ne considèrent pas forcément comme étant dangereux…
Effectivement, aujourd’hui les accidents par morsures de chiens se passent à 80 % dans le milieu privé et dans la sphère familiale ou proche de la famille. L’objectif aujourd’hui est donc de responsabiliser les propriétaires, de leur faire comprendre que le chien, c’est du vivant. Ce n’est pas une mobylette où l’on appuie sur un bouton quand on en a marre. Un chien ne réagit pas comme l’enfant de la famille. Il faut arrêter avec l’anthropomorphisme. La catégorisation, c’est le péché originel de la loi. Elle détermine des chiens qui sont plus méchants que d’autres. Mais ils ne sont pas plus méchants, ils sont plus costauds. Ils ont, pour certains Français, une sale gueule. Cependant sur les 39 décès survenus en France, les deux tiers ont été causés par des bergers allemands, des labradors et des golden retriever. Depuis deux ans, aucun chien de première catégorie n’est responsable d’un décès.
« Il faudra arriver à évaluer tous les chiens potentiellement dangereux »
Que propose le projet de loi ?
Tous les chiens de 1re et 2e catégories devront être évalués dans l’année par des spécialistes du comportement qui seront des vétérinaires agréés sur une liste départementale. Les propriétaires devront suivre une formation obligatoire avant d’obtenir une attestation d’aptitude. D’autre part, pour tous les chiens mordeurs, qu’il s’agisse d’un Yorkshire ou d’un molosse, il y aura forcément une évaluation. Si le vétérinaire constate qu’il s’agit d’un gros chien dangereux, il aura la possibilité de prescrire une formation en vue de l’obtention d’une attestation d’aptitude. L’évaluation des chiens mordeurs sera systématiquement transmise au maire. Le but de tout cela est de détecter le petit pourcentage de chiens réellement dangereux et qui vont créer des accidents demain.
Allez-vous proposer des amendements ?
Oui. Les chiens potentiellement dangereux sont ceux qui ont une certaine force dans la mâchoire. Je propose que le principe de double évaluation du comportement du chien, mais aussi des relations maîtres-chiens, suivis si besoin d’une formation et d’une attestation, soit appliqué à tous les chiens, quelle que soit leur race à partir d’un certain poids. L’idéal serait 25 kg, mais cela voudrait dire qu’il faudrait évaluer d’un coup autour de 6 millions de chiens en France. Ce n’est pas réaliste. Je proposerai donc que l’on procède par palier en commençant par les plus de 40 kg, puis les plus de 30 kg, etc.
Il s’agit de faire comprendre aux propriétaires qu’ils doivent suivre des formations pour mieux connaître leur chien. 80 % des accidents seraient évités si les gens savaient reconnaître les signes précurseurs de la morsure. Même un chien très gentil qui voit un bébé s’approcher à quatre pattes de sa gamelle peut avoir une réaction d’autodéfense.
Qui assurera la formation ? Y a-t-il en France suffisamment de personnes capables de dispenser cette formation ?
Ça ne pourra pas être les vétérinaires qui, eux, assureront l’évaluation. En revanche, les écoles de vétérinaires qui sont en relation avec la société centrale canine vont mettre en place des formations. Il existe déjà de nombreux clubs canins. Il y a des structures très sérieuses et d’autres qui pensent d’abord à faire de l’argent. De toute façon, toutes les structures de formation devront être agréées et régulièrement contrôlées.
Les cinq maîtres mots
Sans parler de dressage, mais simplement d’apprentissage pour bien éduquer son chien, il faut s’appuyer sur une sorte de règle des cinq.
Cinq mots qui résument ce que nos compagnons à quatre pattes doivent comprendre et respecter à la lettre. Bref, les ordres de base.
D’abord il y a le rappel (le BA-ba) : il s’agit tout simplement de rappeler son chien pour le faire venir aux pieds ; puis le « assis », le « couché » le « pas bougé » (jusqu’à l’absence visuelle du maître), enfin la marche au pied.
« Un maître qui est capable de bien gérer ces cinq règles avec son chien peut se sortir d’à peu près toutes les situations », explique Caroline de Candolle.
Vous pensez que c’est simple ? Détrompez-vous ! Il faut à peu près un an pour y parvenir et en « bossant » régulièrement. En spécialiste, Caroline de Candolle conseille de commencer l’éducation dès le plus jeune âge, c’est-à-dire quand le chiot a deux mois. Qu’il s’agisse d’un petit chien ou d’un molosse, pas question de passer à travers l’éducation de base.
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