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La sortie « coup de poing » du Dal
Le Courrier de Mantes
Publié le:  31 octobre 2007
Page 14 

Rassemblement jeudi devant le palais de justice.

« Nous avons déposé une douzaine de dossiers de mal-logés et de familles menacées d’expulsion à la sous-préfecture. Nous n’avons pas eu de remontée favorable. En octobre, nous avons vécu le forcing des expulsions avant la trêve hivernale. Hier, une famille de six personnes, le père, la mère, trois enfants et une grand-mère, a été expulsée d’un pavillon de Gassicourt. Je peux comprendre les propriétaires. Mais cette famille a été expulsée sans aucune solution de relogement. Tous les hôtels sont pleins. Aujourd’hui, elle est éparpillée un peu partout sans aucune certitude du lendemain. Comme elle a une dette de loyer, elle n’a pas de quittances. Et sans quittance, elle ne peut pas retrouver un logement. C’est un cercle infernal insupportable. Mettre les gens comme cela à la rue, ce n’est pas une solution », déclare tranquillement Monique Bouillaud, tandis que derrière elle les militants du Dal montent une cabane de fortune au pied du palais de justice.

Jeudi, il est 18 heures et il fait un peu frisquet. Les passants pressent le pas et attrapent à la volée les tracts du Dal. Avec son sourire de mamie gâteau, la présidente de Droit au logement du Mantois ne lâche pas le morceau. « Nous organisons cette opération coup de poing pour montrer à l’opinion publique que, si l’on ne fait rien, les bidonvilles seront à nos portes. Nous dénonçons auprès des pouvoirs publics la démolition de logements sans compensations. On peut concevoir des démolitions mais à condition qu’on reconstruise en nombre suffisant. Je ne veux pas être grandiloquente. Mais comme en 1954, on pourrait relancer l’insurrection de la misère », poursuit-elle.

Réquisition

Aujourd’hui, pour la seule ville de Mantes-la-Jolie, près de 1 200 demandes de logements sont en souffrance. Partout en France, les retards accumulés dans la politique du logement provoquent, une crise qui s’accentue dans les quartiers en cours de rénovation urbaine, car si la phase de démolition est bien avancée celle de la reconstruction est tout juste entamée.

« Pourtant il y a des solutions. Nous demandons la réquisition immédiate de 100 000 logements inoccupés aussi bien dans le privé que dans le public », ajoute Alain Guérin, le coprésident du Dal du Mantois.


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