C’est un véritable coup de tonnerre. Des trois candidats déclarés pour l’investiture du Parti socialiste aux municipales de mars 2008 (la maire Annette Peulvast, son adjoint Patrick Lefoulon et son ancien directeur de cabinet, Frédéric Mallozzi), c’est finalement le moins connu et le moins implanté dans le territoire, Frédéric Mallozzi, qui a été désigné par les militants de la section socialiste de Mantes-la-Ville.
Même si, depuis quelques années, la maire Annette Peulvast avait perdu de son influence au sein de la fédération, notamment après ses problèmes de santé, personne ne s’attendait à pareil dénouement.
Le désaveu des militants
Dans la semaine, deux jours avant le vote de la réunion finale, l’ancienne députée avait tenté un rapprochement des candidats au sein du PS. Elle avait alors proposé à ses rivaux une conduite de liste en commun. Avec comme condition préalable, le fait qu’elle soit placée en tête de liste, en s’engageant toutefois à se retirer à mi-mandat en faveur d’un de ses adjoints. Sa proposition n’aura, c’est le moins que l’on puisse dire, pas fait l’unanimité : elle a été rejetée à plus de 80 % !
Devant un tel désaveu, Annette Peulvast ne se présentera même pas, deux jours plus tard, devant les militants pour la désignation du premier socialiste de la ville. Seuls ses concurrents, l’adjoint Patrick Lefoulon et Frédéric Mallozzi, solliciteront finalement le vote des militants.
Le directeur de cabinet élu
Après présentation de leurs programmes respectifs, les militants ont pu procéder au vote. Avec une participation de 80 %, contre toute attente, c’est Frédéric Mallozzi, qui a été élu, avec 28 voix contre 24 pour son adversaire et trois abstentions.
Désigné, Frédéric Mallozzi est évidemment « très satisfait du résultat. » Il souhaite maintenant « rassembler la plus large force de gauche possible. » Peulvast et Lefoulon hors compétition, la route semblait toute tracée pour l’ancien directeur de cabinet, arrivé de Seine-Saint-Denis quatre ans plus tôt…
Mais, alors que le bureau venait tout juste de procéder au dépouillement des bulletins et d’entériner la victoire de Frédéric Mallozzi, une circulaire émanant du Conseil national (l’instance suprême) du Parti socialiste tombait au même moment, dans la stupéfaction générale. La circulaire est très claire : là où le maire sortant est une femme, la tête de liste sera forcément aussi une femme. Patrick Malivet, secrétaire départemental du parti, jure « qu’il ne s’agit là que d’une simple coïncidence ! »
Cette circulaire, « sortie du chapeau comme par enchantement », selon F. Mallozzi, est évidemment très contestée lors de la réunion, par les candidats et les militants. La pilule a bien du mal à passer. Surtout, si elle n’arrange pas le vainqueur de la soirée, elle remet complètement Annette Peulvast dans la course.
Il faudra attendre le mois de décembre pour que le Conseil national du Parti socialiste valide, ou non, ces désignations pour établir, officiellement, les futures têtes de liste socialistes des municipales. Vainqueur d’un soir, Frédéric Mallozzi indique qu’il « respectera la règle mais aussi qu’il existe des dérogations… »
Vers un nouveau vote ?
Patrick Malivet a déjà prévu plusieurs réunions dans les semaines à venir pour tenter de débloquer la situation. « Nous allons certainement devoir procéder à un nouveau vote, annonce-t-il. Il faut réussir à gérer cette situation rapidement et à se rassembler. C’est le bureau national qui aura de toute façon le mot final. Tout le monde doit avoir en tête qu’avant toute chose, l’objectif principal, c’est de garder la ville à gauche. »
Dans cette perspective, avant le verdict du bureau national, en décembre, Annette Peulvast attend tranquillement son heure et se refuse, pour l’instant, à tout commentaire. Du côté du PS, les deux prochains mois s’annoncent palpitants.
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