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Jay Sieleman le « Monsieur Blues » des Etats-Unis en visite à Mantes
Jay Sieleman dirige la plus importante fondation au monde consacrée au blues. En novembre, il quittera Memphis Tennessee pour passer une semaine au festival Blues-sur-Seine. Un invité de marque qui montre le rayonnement international du festival.


Francine Carrière

Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 octobre 2007
Page 11 
— Jay Sieleman (à droite) remet un chèque de 2 000 euros à l’occasion d’un concours d’écriture de chansons.

Le Courrier : Blues-sur-Seine est affilié à la Blues Foundation, pouvez-vous nous présenter cette structure ? Quelles sont ses activités ?

Jay Sieleman : La Blues Foundation a vu le jour en 1980 à Memphis, dans le Tennessee. Avec 165 associations de Blues affiliées et des membres aux quatre coins du globe, elle est à l’origine de nombreuses manifestations telles que The Blues Music Awards, Blues Hall of Frame Induction Ceremony, International Blues Challenge et Keeping the Blues Awards.

C’est une association à but non lucratif qui a pour mission de préserver l’histoire du blues, d’en célébrer l’excellence, mais aussi de supporter l’enseignement du blues et de garantir la pérennité de cet art typiquement américain.

Dans le Mantois, le festival Blues-sur-Seine attache une grande importance à l’aspect pédagogique et aux interventions dans le milieu scolaire. Partagez-vous la même approche ?

La réponse est oui, aussi bien directement que par le biais de nos membres. La Blues Foundation s’occupe de ses propres événements et soutient des manifestations locales et régionales. Nous présentons des projets d’initiation au Blues dans les écoles de Memphis et des alentours à l’occasion de la semaine de l’International Blues Challenge. On trouve sur notre site internet des listes de leçons, des documents et les coordonnés de professeurs de blues. Nos membres, comme Hawkeye Herman et Janiva Magness diffuse un programme éducatif dans le monde entier et nos associations partenaires tel que Blues-sur-Seine entreprennent une sensibilisation à l’univers du blues à l’échelle locale.

« Célébrer et assurer l’avenir du blues »

Comment percevez-vous le blues dans le paysage actuel ? Y a-t-il un renouveau, un intérêt du jeune public, une sorte de fusion entre le blues, les musiques africaines, la world music ?

Nous devons penser au blues dans tous les contextes. Il faut persévérer, célébrer, supporter et assurer l’avenir. Cela part d’une manifestation comme Blues Hall of Fame (la précédente), Blues Music Award (l’actuelle) pour arriver à l’International Blues Challenge, qui a récompensé en 2e place un groupe de trois frères et sœurs âgés de 7 à 14 ans, pour arriver à Blues in the Schools (la prochaine). La Blues Foundation ne cherche pas à définir ou à délimiter ce qu’est le blues. Comme dit le proverbe « Il est ce qu’il est ». Rural ou urbain, noir ou blanc, homme ou femme, américain ou français, traditionnel ou original, acoustique, rock, soul, ça n’a pas d’importance. Eric Burdon ou Ali Farka Touré, c’est toujours du blues.

Sentez-vous un intérêt pour cette musique en dehors des États-Unis ?

Absolument. Le blues est apprécié et joué tous les jours et partout dans le monde. Au fil des éditions, l’International Blues Challenge a regroupé des participants venant d’Australie, d’Inde, du Japon et de Singapour, mais aussi de Finlande, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, d’Irlande, d’Israël, d’Italie, de Norvège, de Géorgie et de Russie. En 2008, nous recevrons des participants d’Argentine et du Chili. Il y a des clubs de blues et des festivals dans le monde entier. Nous savons que le public français et européen en est très friand et beaucoup de musiciens aiment jouer en Europe. J’ai voyagé et vécu en dehors des États-Unis donc je connais toute l’importance de cette musique au-delà des frontières américaines et combien il est essentiel pour la Blues Foundation de le savoir afin de réunir et d’engager la communauté internationale du blues.

Pourquoi avez-vous décidé de passer une semaine au festival Blues-sur-Seine ?

La Blues Foundation est une association internationale. Elle vient en aide au blues autant qu’elle le peut partout à travers le monde. Ces dernières années, la communauté blues a remarqué le programme ambitieux de Blues-sur-Seine qui a déjà rencontré un vif succès. Bref, j’avais envie de m’y rendre et de supporter cette manifestation. Je suis sûr que ce sera une expérience enrichissante. Je suis allé au Canada, en Allemagne, en Italie, en Norvège et en Suisse, et j’ai parcouru les États-Unis pour aller à la rencontre des fans de blues, des musiciens et des organisateurs.

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4 juillet 2008
 

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