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L’usine Dunlopillo pourrait être amenée à déménager. |
Annoncé par la direction lors d’un comité d’entreprise, il y a deux semaines, le projet de délocalisation de l’entreprise Dunlopillo est en cours de préparation.
Pour Christian « dans la boîte depuis 20 ans » : « On nous a annoncé qu’on devrait déménager dans les deux ou trois ans. Dans tous les cas, ça ne sent pas bon pour nos emplois. On sait bien que bien souvent, délocalisation ça rime avec licenciements ». Si l’usine devait quitter le Mantois pour partir dans une autre région de France ou à l’étranger 300 emplois locaux seraient menacés. Une préoccupation à laquelle s’attache Michel Vialay qui souhaite « ces emplois soient maintenus dans l’agglomération ».
Si Dunlopillo devait être amené à s’installer ailleurs sur le Mantois - selon les syndicats les noms des communes de Porcheville, Limay et Guerville ont été avancés (voir ci-dessous) - la situation exceptionnelle du site, au cœur du quartier de Gassicourt promet d’intéresser de nombreux repreneurs. En plus de l’actuelle usine, le périmètre de sécurité imposé par la directive Seveso deviendrait disponible. Une manne pour de futurs entrepreneurs immobiliers.
Malgré de nombreuses tentatives, nos appels passés auprès de la direction sont tous restés sans réponse.
Dunlopillo : usine classée Seveso II
L’usine Dunlopillo, qui fabrique des matelas en latex et en mousse de polyuréthane est classée Seveso II. Les risques liés à ces activités sont l’incendie avec fumée à grande toxicité et la manipulation du TDI (Disocyanate de toluène) avec émanation de vapeurs toxiques à l’épandage.
La loi préconise pour cet établissement un principe général de surveillance des installations, tant par l’exploitant que par les autorités publiques. La directive SEVESO II du 3 février 1999 ne fait plus de distinguo entre le stockage et la mise en œuvre dans un procédé de substances dangereuses. Depuis la loi du 22 juillet 1987 sur les risques majeurs, les exploitants de l’usine ont l’obligation de fournir aux populations riveraines de l’usine, une information décrivant les activités exercées dans l’usine, les caractéristiques et les dangers des produits utilisés ainsi que la nature des incidents susceptibles de se produire. La plaquette doit également préciser la manière dont la population est avertie (sirène…) en cas d’accident, et donne les consignes de sécurité à respecter pour se protéger en cas de plan de secours spécialisé déclenché par le préfet pour “risques majeurs” dont les conséquences pourraient dépasser les limites de l’établissement.
Jacques Saint-Amaux : « Limay n'a plus de place »
Ce n’est pas la première fois que le nom de Limay apparaît lorsqu’on évoque l’éventuel transfert de l’usine de fabrication de matelas. Il y a déjà quelques années, son implantation à Limay figurait noir sur blanc dans une étude d’aménagement de l’ensemble de l’agglomération. Pas plus cette fois que lors de l’étude, le maire Jacques Saint-Amaux n’a été informé. « Mieux, il y a environ six mois, le directeur adjoint de Dunlop est venu m’expliquer le changement de statuts de la plate-forme logistique Dunlopillo qui se trouve sur le territoire de la commune. À ce moment-là, il n’y avait pas de projet de déménagement. “De toute façon, pour que nous partions, il faudra que quelqu’un paye”, a-t-il ajouté », raconte le maire.
Le tour d’horizon des sites possibles à Limay est vite vu : « Le port autonome est complet. Sur l’extension, nous n’avons pas prévu ce genre d’entreprises. Sur la zone industrielle de Limay, il reste quatre hectares, mais je viens de signer une promesse de vente avec un aménageur qui ne prévoit pas non plus d’installer ce type d’activité. Sur la zone des Hauts Reposoirs, tous les terrains sont vendus », résume Jacques Saint-Amaux.
Avec son étiquette SEVESO, l’entreprise Dunlop est-elle indésirable à Limay ? « Nous n’avons pas d’opposition de principe. Limay a plusieurs sites classés SEVESO qui ont été acceptés dans des conditions particulières. Aujourd’hui, les terrains qui seraient éventuellement disponibles ne sont pas prévus pour accueillir des établissements classés SEVESO », conclut-il.
Quant à un éventuel départ l’usine de Mantes Jacques Saint-Amaux a son point de vue : « Dans un premier temps, on agite le chiffon rouge de la délocalisation dans le Mantois. Cela fait déjà des années que ça dure. Dans un deuxième temps, on fait le constat que personne n’en veut et dans un troisième temps, on délocalise dans un pays à faible coût de main-d’œuvre et on dit que c’est de la faute des élus. »




