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Père Floribert : « Ici je n’ai pas souffert des a priori. »

Rencontre avec le père Floribert : « Ici, c'est le vrai bonheur »
Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 octobre 2007
Page 16 

Déjà un an que le père Floribert est arrivé à Mantes-la-Jolie. Curé de la paroisse Notre-Dame, l’homme, originaire du Cameroun, se souvient de son arrivée : « L’accueil a été des plus sympathiques. Les Mantais m’ont ouvert grand leurs bras et leur cœur. Contrairement à ce que j’ai pu entendre dans d’autres paroisses, ici, je n’ai pas souffert des a priori comme quoi un Noir ne peut pas être prêtre. Bien souvent j’ai entendu : un Nègre ne nous apprendra rien ».

Floribert Abad Essomba entre chez les frères du Sacré-Cœur, au Cameroun, à l’heure où d’autres font leur entrée au collège. « Mais si tout avait été comme je l’avais souhaité, je serais entré dans l’Église à 10 ans, plaisante-t-il. À l’époque, le prêtre de la paroisse que je fréquentais au Cameroun était Hollandais. Il a bien ri quand je lui ai dit que je voulais être comme lui. Il m’avait répondu : « Tu ne seras jamais comme moi étant donné que je suis blanc ». Une fois qu’il a compris ce dont je parlais, avec sérieux il m’a dit : « Il va falloir travailler très dur pour cela ». Ce que j’ai fait ». À 24 ans, de retour de chez les frères, il présente sa demande pour être prêtre. Mais n’ayant jamais appris à lire et à parler le latin, il est envoyé en France, au début des années soixante, à l’Institut catholique de Paris, pour un séminaire de vocation tardive.

Une ville de partage

Après sept ans de grand séminaire dans son pays natal, il fut enseignant pour les plus jeunes frères. Jusqu’à son ordination, à l’âge de 32 ans. « Je suis revenu en France en 1992, pour des problèmes de santé. Depuis, je ne suis jamais reparti ». De la Seine-Saint-Denis à Verneuil-sur-Seine en passant par Saint-Nom-la-Bretêche, le père Floribert est alors nommé, en septembre 2006, à la paroisse mantaise en remplacement du père Marc Flichy, devenu aumônier dans un monastère de bénédictins.

« Quelle fierté ça a été pour moi d’être envoyé dans ce qui est pour moi la plus belle église du diocèse. Exercer à Mantes-la-Jolie, c’est un vrai bonheur. C’est une superbe ville où se côtoient toutes les nationalités et toutes les cultures. On y apprend beaucoup des uns et des autres, chrétiens ou non chrétiens. C’est une ville de partage et d’amour ». Un seul regret pour cet homme d’Église sexagénaire : « J’aimerais pouvoir participer à toutes les manifestations de la commune pour aller à la rencontre de tous les Mantais, quelle que soit leur croyance et leur origine, mais les informations n’arrivent pas forcément jusqu’au presbytère ».


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