Emprunter le pont de Limay pour sortir de Mantes-la-Jolie, vers 18 h 30, est un calvaire depuis un an et demi, voire deux ans pour ces automobilistes nombreux à rejoindre leur domicile de la rive droite.
En milieu de semaine, les files de voitures s’allongent rues Porte-aux-Saints et de l’Etape. Même scénario rues Gauzard et Clérisse, que les petits futés contournent par des ruelles adjacentes pour arriver plus vite à l’intersection située au pied de la collégiale, quitte à doubler le flot de voitures par la droite pour ensuite tourner à gauche, sur le pont.
Ces bouchons ne sont pas qu’une impression. Les comptages réalisés tous les deux ans par les services de l’Equipement montrent une nette augmentation du trafic depuis trois ans.
Des études, des projets…
Une moyenne quotidienne de plus de 19 830 véhicules empruntait le pont de Limay (D983a), en novembre 2005. La prochaine campagne de mesures devrait montrer une progression nette, comme c’est le cas sur la rocade (D983) traversée par 39 966 véhicules en moyenne en juin 2006, contre 36 767 au comptage précédent (lire ci-contre).
Ces difficultés devraient d’ailleurs s’accroître avec les développements de l’agglomération sur les futurs quartiers Mantes Université, Inovaparc, entre autres, qui participeront à la densification du trafic intérieur dans quelques années. Les solutions pour ces flux nord - sud ? Aujourd’hui, il n’en existe pas d’immédiatement applicable et si les élus ont conscience des problèmes, les projets ne sont qu’à l’état d’étude ou de lancement d’études.
Sollicité pour donner son analyse, le maire de Mantes-la-Jolie, Michel Vialay, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Une révision du plan de circulation, vieux de onze ans, doit cependant être lancée sur la ville.
A entendre le président du conseil général Pierre Bédier, une des réponses à la fluidification du trafic viendra de la création d’un giratoire à l’entrée de ville de Limay, place de la Libération.
« J’attends des maires de Mantes-la-Jolie et Limay une demande d’étude pour un rond-point au bout du pont. L’étude dira s’il y a suffisamment d’emprise au sol pour cela. » Incertitude, donc. Mais le problème de l’entonnoir que constitue l’entrée du vieux pont, à Mantes-la-Jolie, n’est pas résolu. Faute de pouvoir élargir les rues, la réponse pourrait venir… de Mantes-la-Ville.
Les données chiffrées du giratoire de la Clé des champs, congestionné par les flux des routes départementales 983 et 113, n’ont pas été actualisées. Toutefois, en mai 2005, la rue du 8-Mai qui y est reliée, était traversée par 11 608 véhicules par jour. L’avenue du Breuil par 17 374 véhicules/jour (avril 2004). Des chiffres auxquels il convient d’ajouter ceux des véhicules issus de l’autoroute A13.
Oxygène
Un nouveau giratoire doit être construit à hauteur de la zone d’activité de la Vaucouleurs, - où la compétence routière est départementale - à l’horizon 2010, selon le président du conseil général : « Il permettra de réduire le temps de parcours. Il faudra encourager les automobilistes à prendre plutôt la rocade, en passant par Mantes-la-Ville où ils ne vont pas aujourd’hui, justement à cause de ces bouchons », estime Pierre Bédier. Des bouchons que Jacques Saint-Amaux explique par « les travaux de l’A15 en direction de Cergy, qui obligent les habitants du Vexin à passer par l’A13, ce qui augmente considérablement le trafic. Quand ils seront terminés, ça ira mieux. »
Dans l’axe Est-ouest de l’agglomération mantaise, lui aussi soumis à de fortes perturbations à proximité des sorties 12 et 13 de l’autoroute A 13, la compétence est davantage celle de la communauté d’agglomération et de l’Epamsa où une réflexion a été engagée il y a deux ans. Les travaux de la nouvelle voie urbaine qui doit prendre sa source à proximité des entrepôts Shurgard, à Buchelay, jusqu’au boulevard Salengro à Mantes-la-Ville, en longeant les voies SNCF, ont démarré ces dernières semaines.
« En dehors d’un goulot d’étranglement à proximité de la pépinière d’entreprise sur le site Sulzer, elle va apporter une bouffée d’oxygène dès le début 2009 », précise le président de la CAMY, Dominique Braye. Et de rappeler que des voies transversales vers la gare routière, offriront un bouclage aux véhicules et transports en commun. Des projets « un peu bloqués par la réflexion sur le déplacement du péage » sont aussi prévus à hauteur de la sortie 13 de l’A13 pour fluidifier le trafic.
Réseau de bus « Des retards quotidiens »
Les automobilistes ne sont pas les seuls à pester contre les allongements de temps de parcours. Les clients des réseaux de bus se plaignent aussi. Les usagers prennent d’ailleurs parfois leur téléphone portable pour appeler la compagnie et se plaindre.
Du côté de la société TVM, Jérome Lévêque, responsable de la voirie, confirme : « Sur la ligne D (Mantes-Buchelay), le problème est quasiment quotidien. Nous avons pourtant mis un système de régularisation. Les lignes C, F, L et M sont aussi touchées. En moyenne, les retards sont de sept minutes. »
L’instauration de couloir de bus par endroits de l’agglomération est une des solutions préconisées.
Des temps de parcours rallongés
- Mantes-la-Jolie - Limay, rue Porte-aux-Saints et vieux pont (moins d’un kilomètre) jeudi 11 octobre, 18 h 30 : 14 mn.
- Mantes-la-Ville (haut du Domaine) - Mantes-la-Jolie centre (trois kilomètres et trois cents mètres) jeudi 11 octobre, 8 h 30 : 15 mn.
- Mantes-la-Jolie - Limay, rue Saint-Roch et vieux pont (moins d’un kilomètre) jeudi 11 octobre, 19 heures : 21 mn.
- Mantes-la-Ville - Limay, rond-point de la Clé des champs et rocade (moins d’un kilomètre), vendredi 12 octobre, 19 heures : 11 mn.
100 000 véhicules par jour au péage
Un projet de déplacement du péage de Buchelay est à l’étude. Si le calendrier est toujours flou, un calcul rapide sur la base d’un document du conseil général, reprenant des comptages effectués sur les routes yvelinoises, fait apparaître un risque de pertes d’exploitation colossales pour la SAPN : le document fait état d’une moyenne de 97 614 véhicules quotidiens sur l’A13, à hauteur de Mantes-la-Jolie - donc à travers le péage - en 2005. Elle n’est toutefois “que” de 53 298 au niveau de Rosny. Par conséquent, si la halte était décalée à l’ouest, avant Bonnières, plus de 44 000 véhicules y échapperaient.
A supposer qu’il ne s’agisse que de voitures, à raison de 2,20 € par passage, la SAPN perdrait 96 800 € par jour. Le protocole de l’Opération d’intérêt national prévoit une compensation par la puissance publique pour le manque à gagner de l’entreprise privatisée. La concrétisation du projet de déplacement en l’état paraît donc difficile.
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