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Municipales 2008. Trois candidats au PS pour la tête de liste
Peulvast, Lefoulon ou Mallozzi ? Les militants socialistes doivent prochainement faire leur choix pour désigner celui ou celle qui conduira leur liste au scrutin municipal de mars prochain. Un choix cornélien entre le maire sortant, son adjoint à l’urbanisme et son ancien directeur de cabinet qu’aujourd’hui la lutte divise. Parfois sévèrement.


Frédéric Le Bozec

Le Courrier de Mantes
Publié le:  17 octobre 2007
Page 16 

Les résultats de la deuxième ville centre de l’agglomération promettent d’être suivis de près car le risque pour la gauche de la voir basculer à droite n’est pas négligeable.

Pour la présidentielle déjà, ce fief socialiste de 20 000 habitants, un temps communiste, a donné la majorité de ses suffrages à Nicolas Sarkozy… avec une voix d’avance sur la challenger Ségolène Royal. Un symbole. Il a peut-être été rééquilibré par le relatif bon score de la candidate aux législatives Françoise Descamps-Crosnier (PS) un mois plus tard, mais avec un taux de participation sur la ville inférieur de près de 30 % par rapport au second tour du 6 mai.

En cela, le choix des militants socialistes mantevillois - la section en compte environ soixante-dix mais tous ne voteront pas - est déterminant. Il pourrait intervenir dans les derniers jours d’octobre mais rien n’est sûr.

Leur choix pour départager les trois candidats en lice est d’ailleurs cornélien et en dehors des programmes que chacun défend pour l’instant, il se résume à fidélité à une famille ou rupture.

Faut-il être fidèle ou pas ? Les noms Peulvast et Bergeal marquent l’histoire de la ville depuis 1953. Ceux de Lefoulon ou Mallozzi, qui tentent d’incarner une forme de renouveau, peuvent être un signe de rupture… sur laquelle, en tant que proches du maire sortant, ils devraient toutefois s’expliquer.

Tensions

Leurs ambitions à tous trois ? En dehors de la volonté de chacun d’être maire ou de le rester, pour l’heure, c’est motus et bouche cousue. La fédération leur a demandé de se tenir éloignés de la presse pendant la campagne interne. En tout cas, à l’image de la bataille qui avait opposé Royal, Strauss-Kahn et Fabius pendant l’automne 2006, ceux-là non plus ne se font pas de cadeau. Le climat est même tendu. Preuve en est : le récent limogeage, par le maire elle-même, de Frédéric Mallozzi, ex-directeur de cabinet d’Annette Peulvast, qui a appris le « changement de la serrure de (son) bureau » une veille de week-end (sic). Le maire et son collaborateur, nommé à un poste politique il y a quatre ans, n’ont donc pas su se séparer à l’amiable pour cette primaire.

L’annonce de candidature de Frédéric Mallozzi est certainement apparue comme un acte de traîtrise dans les yeux de son employeur, Annette Peulvast. La situation est effectivement inédite. Pas sûr pour autant que les militants jugent la méthode d’éviction acceptable.

Les relations entre le maire et son adjoint n’ont pas non plus été au beau fixe ces dernières années. Ce fut même parfois la tempête. L’affaire du recours contre le projet Mantes-Université autour d’un vice de procédure - que Patrick Lefoulon avait lui-même qualifié de « coup de semonce » contre le maire, l’hiver dernier - en aura été le point d’orgue.

Courants

Entre un maire sortant dans la mouvance de Strauss-Kahn - et même jugée trop près de la droite aux dires d’autres socialistes -, un directeur de campagne d’une candidate aux législatives pro-Ségo et un candidat surprise originaire de Seine-Saint-Denis plutôt fabiusien, le choix des militants pris au milieu des courants politiques se corse un peu plus.

Ces mêmes militants devront aussi s’interroger sur celui ou celle qui sera le plus à même de rassembler, après coup, tout ce petit monde traversé par des luttes intestines ; sur celui ou celle qui saura négocier avec les partenaires de gauche, à l’image des communistes - sous perfusion et parfois en rupture avec les socialistes lors de la précédente mandature - mais qui peuvent encore l’aider à remporter l’élection.

Plus largement, il est surtout temps pour le PS de prendre une décision : les hésitations sur le calendrier de cette primaire initialement prévue fin septembre s’apparentent aujourd’hui à un malaise interne.

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