Commençons par dire que le monde est petit : une salariée du Courrier de Mantes qui séjournait en Thaïlande au mois de septembre, et qui voulait assister à des combats de Muay Thaï, est tombée sur les élèves d’Abdelatif Lamri. Depuis quatre semaines déjà, les huit boxeurs s’entraînaient dans un camp de Bangkok, s’imposant une vie d’enfer : « Lever à 6 heures, footing puis entraînement jusqu’à 9 h 30. Repas, sieste, puis de nouveau footing et entraînement technique de 15 h 15 à 18 h 30. Et cela du lundi au samedi midi. Ce furent quatre semaines de folie ! » De folie consentie.
Quatre semaines au cours desquelles les huit gaillards se sont considérablement endurcis, et leur professeur aussi. « Cela a été un stage de perfectionnement, même pour moi », témoigne-t-il. Parti avec quelques appréhensions (« franchement, je ne savais pas comment ce groupe allait réagir »), Lamri raconte que ses élèves ont vite fait d’intégrer les valeurs du Muay Thaï, pour lui « un art martial doublé d’une culture ». Et ces valeurs, apprises au contact des autres boxeurs du camp d’entraînement, sont : « dépassement de soi, sens de la communauté, humilité ».
Après trois semaines, raconte d’Abdelatif Lamri, le responsable du camp a désigné, un peu à la surprise générale, deux boxeurs pour le « tournoi international ». Ce serait Adama Diagouraga (- 60 kg) et Jérémy Jeanne (- 81 kg).
Diagouraga, 18 ans, une année de boxe, porte sur son short le nom de son quartier : « GAR-N 78 » (les Garennes, au Val Fourré). Opposé à un adversaire plus lourd que lui de 9 kg, le Mantais n’a pas refusé le combat. « Il a fait preuve d’une décontraction qui m’a étonné, s’enthousiasme Abdelatif Lamri. Il a perdu aux points mais en allant jusqu’au bout, et il est parvenu à mettre son adversaire dans le rouge. »
Jeanne, 20 ans, boxeur thaï depuis cinq ans, a livré quant à lui « un superbe combat. Il m’a totalement bluffé en menant du premier au troisième round. Dans les deux autres rounds, l’autre refusait le combat. Logiquement, le combat était pour Jérémy, mais le Thaï forcément devait gagner à Phuket ».
Les deux pugilistes parlent de leur « premier combat contre un Thaï », livré sans les protections imposées en France par la fédération, comme d’un souvenir merveilleux. Adama et Jérémy se sont vus, littéralement, en haut de l’affiche.




