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Crise du logement : la faute aux communes
Vendredi, le pavillon Waldeck-Rousseau à Guyancourt a accueilli les 6es Rencontres de l’habitat pour tous. Une grand-messe sans beaucoup de solutions.


David Canova

Le Courrier de Mantes
Publié le:  10 octobre 2007
Page 10 
— Malgré les enjeux, les débats n’ont pas été franchement très animés.

Ils sont tous d’accord. Tous d’accord sur la crise du logement. Et tous pointent du doigt… les communes. Enfin, certaines communes. À l’occasion des 6es Rencontres de l’habitat pour tous organisées par Fraternité logement, l’État mais surtout les maires en ont donc pris pour leur grade. Car entre auto-congratulations des uns et rejet des responsabilités des autres, il faut bien admettre que depuis une trentaine d’années, rien ne bouge ! Pourtant, après l’hiver 1954, il semblerait qu’un nouveau sursaut républicain parcoure l’échine de la nation, enfin, de ses élus.

Prise de conscience

« La prise de conscience est de plus en plus forte », se félicite Xavier Craplet, l’organisateur.

De tables rondes en constats chiffrés, de témoignages en ateliers, les participants ont passé en revue nombre d’initiatives nationales (loi Solidarité et renouvellement urbain, SRU), ou plus locales comme le Programme local de l’habitat intercommunal (PLHI) de Saint-Quentin-en-Yvelines (qui par ailleurs fait l’objet de plusieurs recours).

Mais que ressort-il de cette journée ? Que ces initiatives, toutes louables, ne suffisent pas à elles seules à endiguer un phénomène qui finit par toucher toutes les couches de la population. Qu’elles ont toutes des limites dans l’application, et que seule une volonté politique forte pourra bouger les lignes ? Et c’est enfin la prise de conscience…

Alors, Christine Boutin, ministre du Logement, « rêve d’une France où tout le monde aurait un abri et un toit. Le logement, c’est la traduction de la solidarité humaine d’un peuple ». Réaliste cependant, elle s’engage « ici, aujourd’hui devant vous, à ce qu’avant la fin de ce quinquennat, la crise du logement ne soit pas aussi aiguë ». Et pour ce faire, elle compte sur un réveil citoyen de tous les Français…

Mais les HLM souffrent d’une image déplorable, héritée d’une politique de logement tendant à la ghettoïsation… alors les maires rechignent (lire encadré ci-dessous). C’est pour faire face à cette situation que le conseil général des Yvelines a lancé ses Cdor (contrats de développement de l’offre résidentielle). « Nous avons pris le parti de la négociation plutôt que celui de la contrainte, explique Pierre Bédier, son président. Tous les logements construits en plus des programmes existants seront subventionnés à hauteur de 10 000 euros par logement. » Près de 400 millions d’euros devraient être ainsi investis jusqu’en 2013 pour un objectif de 7 000 logements nouveaux par an, dès 2009.

Et puis, tous comptent sur les différentes Opérations d’intérêt national (OIN), actuellement en cours d’étude et de négociation, pour apporter une solution durable à la crise du logement.

Bédier met les pieds dans le plat

Le député et président du conseil général, Pierre Bédier, ne mâche pas ses mots : ? « Je sais que j’ai déjà créé la polémique il y a deux ans mais la mixité sociale, c’est une belle couillonnade. Ce ne doit pas être l’objectif des offices HLM, mais des communes à l’intérieur des quartiers et des villes. Nous avons besoin d’une mixité ethnique, sujet sensible j’en conviens en cette période où l’on parle des tests ADN, loi qu’en tant que parlementaire je ne voterai pas. Si on ne fait rien, il y a des quartiers sans mixité ethnique, avec des immeubles d’Africains, de Marocains, d’Algériens, etc., c’est une dérive terrible pour la République. Nous allons vers une ghettoïsation pire que celle des années 1980. Quant à la vente des HLM, c’est idéologique car on vend les meilleurs et cela revient à une forme de ghettoïsation larvée », a-t-il déclaré à l’occasion des 6es Rencontres de l’habitat.

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