« C’est une technologie qui permettra, avant tout, d’aller plus vite » explique Sébastien Monereau, le directeur de la médiathèque Duhamel. Les ordinateurs, qui arrivaient à leur dixième année, commençaient un peu à dater. « Ce matériel nécessitait beaucoup d’entretiens et de réparations, enchaîne t-il. Cela entraînait des coûts de fonctionnement trop important. Nous avons décidé, avec les services informatiques de la ville, d’investir dans du matériel plus efficace. Réhabiliter notre dispositif aurait coûté, à terme, plus cher. »
La médiathèque Duhamel et la bibliothèque Aragon vont donc être fermées, du 22 octobre au 2 décembre, le temps d’installer des petites puces électroniques, appelées RFID, sur leurs 100 000 documents. L’opération, avec la pose de nouveaux portiques de sécurité, devrait coûter près de 70 000 € hors taxes. Une subvention de la Drac prendra en charge 30 % de cette somme.
Ces puces RFID permettent de gagner du temps : avant, lorsqu’un usager empruntait une dizaine de livres, l’employé devait passer, un à un, ses livres devant un lecteur de code-barres. Dorénavant, l’usager posera simplement ses livres sur une plaque électronique, qui relèvera automatiquement tout les documents empruntés, d’une seule traite. Elles permettent également une meilleure traçabilité des emprunts. Mais jusqu’à quel niveau ?
Car (voir encadré), ces puces, déjà utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale, ont des applications parfois surprenantes, voire inquiétantes. Sébastien Monereau se veut rassurant : « Ces puces ne serviront évidemment qu’à suivre les livres et seulement les livres. Pas question de ficher nos usagers ! »
Des puces parfois controversées
La Cnil (Commission nationale informatique et liberté) surveille de près l’usage de ces puces, génial outil de traçabilité, qui peut parfois se transformer en œil indiscret, voire inquisiteur. Aux Etats-Unis, une firme de supermaché a été condamnée pour avoir dissimulé, sans en avertir ses clients, des puces dans des bâtons de rouge à lèvres. Une fois mis dans le chariot, le supermarché pouvait suivre de près la circulation, les achats suivants des clients. Pire encore, au Mexique, seuls les fonctionnaires équipés d’une puce RFID placée sous la peau peuvent accéder aux salles les plus confidentielles. Récemment, en Californie, une loi vient d’interdire aux entreprises la pose de puces RFID sous-cutanées à leurs employées.
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