Les chefs d’entreprise et les propriétaires des locaux n’en ont pas encore fini avec les experts des assurances. Presque quotidiennement, ils se succèdent autour de l’immense bâtisse de béton et ses tôles de la toiture, tordues par la chaleur des flammes garde encore les stigmates du sinistre de cet été. La thèse d’un incendie accidentel demeure privilégiée.
Quelques entreprises ont, depuis, déménagé. Certaines dans le département voisin de l’Eure - mais c’était prévu -, d’autres dans des communes limitrophes de l’agglomération, à l’image de Pneumatis et du groupe D2G qui se sont réinstallés à Porcheville.
« Les machines souffrent »
La plupart ont repris leurs activités dans les semaines qui ont suivi le sinistre. Dans des conditions parfois délicates, comme chez BE-RM où un des murs, fragilisé par le feu, flanqué d’échafaudages, est désormais sous l'« œil » de capteurs optiques pour en surveiller la moindre déformation, en attendant une éventuelle réparation. Question de sécurité. Quelques seaux récupèrent par endroits l’eau tombée du toit. Les cinq salariés de ce bureau d’études et de réalisation d’outillages pour l’automobile, l’aéronautique et la fonderie, travaillent donc sur les fraiseuses et les foreuses dans des conditions relativement précaires. « L’humidité a mis des machines en panne, explique Yannick Robert, co-gérant de l’entreprise. Elles pèsent plusieurs tonnes et nécessitent d’être posées sur un sol très résistant. L’activité demande aussi une puissance électrique importante. On ne peut donc pas s’installer n’importe où. Pour l’instant, les machines souffrent. Évidemment, tout cela fait mal au cœur. J’avais investi 60 000 euros pour faire des bureaux et donner un bon coup de peinture quand on a créé l’atelier, il y a deux ans. »
Si tous les problèmes sont loin d’être résolus, le moral tend vers une nette amélioration chez RM gaz, spécialisé dans l’équipement en GPL et gaz naturel des véhicules, qui a vite retrouvé 750 m2 de locaux rue de la Vaucouleurs.
« C’était notre priorité, raconte le patron, Roméo Mencuccini. Par chance, nous avions une sauvegarde de nos données informatiques. On a donc pu reprendre notre activité le 3 septembre. On a perdu notre stock de pièces dans l’incendie, alors on se réapprovisionne au fur et à mesure. Aujourd’hui, ça va mieux. »
Les pertes d’exploitation ? « Elles ont été de 100 % en août, évidemment. Pour septembre, on a perdu environ 80 % du chiffre d’affaires. On n’a pas encore retrouvé un rythme de travail complet, mais on répond à la demande des clients, qui sont assez compréhensifs. On s’occupe encore d’évaluer les dommages. C’est très long. Le moral est bon, mais après tous ces ennuis, la fatigue commence à se faire sentir. »
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