Ville centre de l’agglomération, fief du député et président du conseil général Pierre Bédier, Mantes-la-Jolie représente un enjeu capital aux prochaines municipales. Avec 485 voix d’avance lors du second tour de l’élection législative en juin, Pierre Bédier a été réélu député. Mais il a tremblé. Président du conseil général, il remet, dans six mois, son autre grand mandat en jeu, celui de conseiller général. Le canton de Mantes-la-Jolie est renouvelable et l’élection se déroulera le même jour que les municipales.
Pierre Bédier omniprésent
Omniprésent dans la ville où il a déjà été élu maire deux fois, il va sans doute accompagner Michel Vialay, à qui il a dû laisser le fauteuil de maire en janvier 2005 pour cause cumul des mandats, dans sa première campagne en tant que tête de liste. C’est le plan prévu à droite pour conserver la mairie. Et déjà, la liste des quarante-deux noms à enregistrer se prépare. Il faudra remplacer Michel Sevin, le premier adjoint, qui va « laisser la place aux jeunes ». Emmenée par Michel Vialay, la liste pourrait être composée de douze adjoints, quatre issus du centre-ville, quatre de Gassicourt et quatre du Val-Fourré. Et il y aura autant d’hommes que de femmes. C’est du moins une volonté. Mais il reste quelques mois de négociations internes à mener.
Pour l’instant, à droite, aucune voix discordante n’est venue s’opposer à la candidature de Michel Vialay, soutenu par l’UMP. Mais l’omniprésence et le charisme de son prédécesseur représentent autant une force qu’une faiblesse pour l’ancien basketteur et cadre bancaire. Pierre Bédier reste le patron pour beaucoup de mantais. Mais un patron fragilisé par le score étriqué de sa réélection et par le procès en appel qui l’attend en avril.
Si on peut imaginer qu’Alternative Libérale, un nouveau parti présent aux législatives (0,4 %), va tenter de monter une liste, on ne peut pas en dire autant du Front National. Décimé dans les urnes (4,2 % au premier tour des législatives), le FN l’est encore plus dans ses rangs. Paul Tilin, conseiller municipal FN, a annoncé qu’il devait « voir Jean-Marie (Le Pen) ».
Qui d’autre à droite ?
Quant au représentant du MoDem, Aziz Senni (7,6 %), il dévoilera mercredi les intentions de son parti. Toujours au centre, Laurent Benveniste (mouvement social démocrate) s’est déjà déclaré candidat.
La gauche tente de se rassembler
A gauche, Guillaume Quevarec, candidat à la candidature du parti socialiste « en campagne depuis 2004 », ne dévoile pas grand-chose. « Les listes de candidats des villes de plus de 20 000 habitants doivent être validées par le conseil national du PS. On saura mi-novembre pour les municipales, un peu plus tard pour les cantonales » explique-t-il. Mardi dernier, il était présent à la réunion provoquée par « l’appel à la formation d’une liste de rassemblement de gauche » lancé par Décil et signé par une pléiade de personnalités, dont Stéphane Bernard (Les Verts). L’objectif est de constituer « une équipe large, porteuse d’un projet commun, solidaire, mis en œuvre par des citoyens, des associations et des partis ».
Le réprésentant du PS confie : « On échange avec tous nos partenaires de la gauche. On échange sur le fond avant de parler des personnes. » Pas hostile à l’idée, il n’y voit pas non plus « une recette miracle ».
C’est bien sûr le cas de Joël Mariojouls, conseiller municipal Décil, pour qui le risque serait d’avoir « quatre listes de rassemblement à gauche ». C’est pourquoi Décil, qui avait fait campagne aux côtés de Jacques Saint-Amaux, le maire communiste de Limay, lors des législatives (6,6 %) a lancé cet appel. « Les partis sont nécessaires mais ils doivent être aidés par les citoyens pour que le fonctionnement de la démocratie s’améliore » estime-t-il. Pour l’instant, il n’a pas reçu d’écho favorable de la part du conseiller municipal PC Marc Jammet, qui appelle pourtant, lui aussi, au rassemblement dès le premier tour. « On doit se donner les moyens de gagner mais il faut une gauche qui ait du sens, avec des propositions datées et en impliquant tous les Mantais qui veulent participer. » Il faudra tout de même choisir quelqu’un pour la mener.




