Radio Droit de Cité peut-elle s’en sortir ?
La radio associative installée au collège Chénier depuis 1988, mais indépendante depuis 2000, est en crise depuis plus de dix mois. Minée par des conflits internes, elle n’émet plus depuis le 23 juillet et le conseil général peut désormais l’expulser à tout moment.
Ludovic Vincent
Le Courrier de Mantes
Publié le: 12 septembre 2007
Page 14
Vendredi dernier, Pierre Bédier, le président du conseil général, a fait entériner par les élus son action en justice contre Radio Droit de Cité, la radio associative installée au collège Chénier. Elle vit désormais sous la menace d’une expulsion décidée par la justice. Au conseil général, on précise que le matériel sera rendu « au conseil d’administration qui prouvera sa légitimité ».
Le conseil général attend désormais que la justice ou le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) tranchent. Depuis près de dix mois, deux conseils d’administration se disputent la présidence. Cette crise violente, déclenchée par une grève d’une semaine des salariés en novembre, s’est envenimée au fil des mois et l’écart s’est creusé entre les différents clans. Un protocole d’accord avait pourtant été proposé par le CSA en mai, mais les deux parties ont eu un avis divergent sur son contenu.
Les querelles intestines de RDC ont débouché sur un énorme gâchis. L’accès aux locaux a d’abord été limité aux heures d’ouverture du collège, puis totalement lorsque les vacances scolaires sont arrivées. Depuis le 23 juillet, la radio n’émet plus aucun son. Et l’un des deux présidents, Bernard Kossoko, a quitté son poste. Il est remplacé par un membre fondateur, président de 2000 à 2005, et professeur du collège, Yann Agneroh.
Relogement
L’expulsion de RDC entraîne des réactions : Guillaume Quévarec (responsable du Parti Socialiste de Mantes la Jolie) demande qu’un « relogement qui garantisse la continuité de l’indépendance de cette radio » soit trouvé et estime que « Pierre Bédier joue le pompier pyromane » dans cette affaire ; et Jack Lefebvre (section du collège Chénier) apporte le soutien du syndicat enseignant, le SNES : « Nous demandons le maintien de RDC dans les locaux du collège ». Il s’étonne aussi de l’argument invoqué par le conseil général pour récupérer les locaux. « Le collège a accueilli jusqu’à 1 050 élèves en 1990-1991 et il ne compte plus que 340 élèves aujourd’hui. Le collège Chénier n’a pas besoin de locaux supplémentaires. Quant aux troubles et aux actes de violence invoqués, ce sont les salariés qui en ont été les victimes. Il serait incompréhensible qu’ils soient pénalisés en voyant disparaître la radio et leur emploi. »
Dans l’entourage de Pierre Bédier, on confie : « Le président ne souhaite pas la fin de RDC, ce serait un gâchis immense, mais l’association doit trouver des dirigeants légitimes et éloignés de toute cette affaire. Des discussions pourront alors commencer pour trouver un nouveau local. »
Une ultime tentative de médiation entre les deux présidents, Yann Agneroh et Lahbib Eddaouidi, pourrait avoir lieu cette semaine. C’est le préfet des Yvelines qui pourrait s’en charger.
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