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Tollé autour de l'interdiction de la fête
La préfecture a interdit la tenue de la brocante de l’ARQRV sur l’aérodrome, là où elle a lieu depuis dix-huit ans. Dimanche, l’incompréhension demeurait grande dans les rangs des aviateurs et des Muriautins attachés à cet événement.


Frédéric Antoine

Le Courrier de Mantes
Publié le:  12 septembre 2007
Page 33 
— Aviateurs et habitants du quartier de la route de Verneuil veulent continuer à agir ensemble dans l’intérêt de l’aérodrome et des riverains.

« Il ne s’agit pas d’une manifestation ! C’est une marche de protestation et nous souhaitons rester très dignes ! », déclare Claude Magnan le président de l’amicale des riverains du quartier de la route de Verneuil (ARQRV). En même temps, on ne voyait pas bien les bénévoles de l’amicale jeter des pavés sur le fronton de la mairie pour exprimer leur dépit. Dimanche dernier, association et aviateurs ont marché de l’espace de quartier Boris Vian à l’aérodrome où un apéritif était servi pour oublier le chagrin d’une fête manquée. Quinze jours avant, la préfecture a interdit la tenue de la brocante de l’ARQRV sur l’aérodrome, là où elle a lieu depuis dix-huit ans.

La proposition du syndicat de gestion de l’aérodrome, piloté par Les Mureaux et Verneuil, de faire tenir la fête le long du bois sur une surface sans partie courverte, ni eau, ni sanitaire, ni électricité, et « d’une superficie inférieure à la moitié de celle indispensable pour le parking », précise Claude Magnin, a conduit l’ARQRV à décliner l’offre. « L’amicale a refusé d’assumer les risques de sécurité terrestre encourus sur cette surface insuffisante », complète-t-il, une façon de renvoyer la balle aux autorités compétentes. Notons que le parking et le terrain de la brocante nécessitaient les autres années plus de 13 000 mètres carrés pour 3 000 proposés cette année.

Refus

de la préfecture

Il y a quinze ans, l’amicale s’est créée pour exercer un rôle de médiation entre les pilotes et les riverains, alors que leurs rapports étaient très conflictuels. Pour l’ARQRV, « la fête organisée sur le terrain, à l’invitation des aviateurs, est le symbole de relations pacifiées ». Car chaque année, cet événement permet d’établir un contact direct entre les aviateurs et les riverains, chacun pouvant évoquer ses problèmes, et trouver des solutions en commun.

Dans un courrier envoyé à la préfecture, l’amicale a tenu à protester vigoureusement contre une décision dont elle qualifie le motif de sécurité d’ « imprécis ». « Depuis qu’elle existe, la sécurité des visiteurs et des aviateurs a toujours été au cœur de nos préoccupations », écrit Claude Magnin.

« Chaque année, nous installons des barrières de sécurité pour interdire l’accès à la partie active de l’aérodrome dont le fonctionnement ne doit pas être perturbé. Avant la reprise de la gestion par le SIVU (ndr, Syndicat à vocation unique), nous avons toujours obtenu les autorisations des militaires qui géraient l’aérodrome. Peut-on les accuser d’avoir fait preuve de laxisme pendant dix-huit ans ? »

« La tenue de la fête n’a jamais empêché que les différents clubs effectuent des vols dans les conditions habituelles », poursuit Claude Magnin. Des modes de fonctionnement adéquats ont été observés depuis des années, notamment les passagers étaient habitués à pénétrer ce jour-là, par un sas, et accompagnés des membres qualifiés des clubs. L’embarquement et le débarquement se faisaient dans des zones prévues, en présence vigilante des aviateurs. « De longue date, les risques ont été évalués et des mesures ont été prises pour y pallier », conclut le président de l’ARQRV, qui se targue d’ailleurs d’avoir reçu à plusieurs reprises les félicitations de nombreux visiteurs officiels.

Tous les invités ont été avisés des dispositions prises par l’association. Les inscrits à la brocante ont été remboursés. Mais il demeure deux problèmes de taille pour l’association. Privée de fête cette année, c’est autant de ressources qui manqueront à son activité en 2008. Le préjudice financier est aussi important pour les clubs d’aviation. L’ARQRV devra enfin se mettre en quête d’un vaste terrain pour réussir sa fête en septembre 2008. Sur ce point, le président Magnin dit avoir quelques pistes en vue, où la brocante pourrait définitivement atterrir…

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