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Trois ex-agents verbalisateurs condamnés
Il aura fallu deux longues années de procédure pour élucider l’affaire des procès-verbaux falsifiés. Trois anciens agents verbalisateurs ont été condamnés à huit mois de prison avec sursis et 1 500 euros d’amende, le 27 août dernier, par le tribunal de Versailles. Le quatrième, qui avait tout révélé à la presse, a été relaxé.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  05 septembre 2007
Page 27 

La triste affaire avait secoué la police municipale des Mureaux en 2005. (archives Publihebdos)

En juin 2005, l’affaire avait été révélée par un ex-agent verbalisateur de la police municipale des Mureaux. Ses collègues avaient mis en place un système de falsification des amendes qui fonctionnait depuis au moins un an. Un signalement avait été fait au parquet de Versailles par la mairie des Mureaux, puis une enquête diligentée dans les services de la police municipale, en juillet suivant.

Petites magouilles

Suspendus de leurs fonctions aussitôt les faits connus, les ex-agents verbalisateurs se sont finalement vus reprocher des falsifications sur une cinquantaine de timbres-amendes par le tribunal de Versailles. Eux n’en reconnaissent qu’une trentaine au plus. Convoqués pour être jugés le 27 août dernier, les trois premiers ont été condamnés pour faux en écriture, à huit mois de prison avec sursis, et à 1 500 euros d’amende. Un des prévenus était absent à l’audience. Le quatrième agent, le stagiaire qui a révélé l’affaire, a été relaxé.

À la barre, les deux premiers agents ont expliqué qu’ils agissaient amicalement, pour soulager des personnes en difficulté. Ils avaient pris l’habitude de modifier les procès-verbaux à la demande des contrevenants la plupart du temps. La méthode était assez simple, l’agent verbalisateur complaisant ne faisait que modifier un numéro de la plaque d’immatriculation. Le contrevenant ne recevait alors jamais son amende.

Devant le juge, le stagiaire a expliqué qu’il avait été incité par ses collègues à se livrer à ces magouilles, mais qu’il avait tout raconté à son chef de service. Le 30 janvier 2006, la ville ne renouvelait pourtant pas le contrat du stagiaire scrupuleux. « Tant que la justice ne s’était pas prononcée, la mairie ne pouvait pas envisager pareille sanction à mon encontre », estime l’ex-employé municipal malheureux, qui explique avoir « toujours envisagé de faire carrière dans la fonction publique ». Ce dernier reconnaît avoir tout perdu à cause de cette affaire, travail et logement d’abord. Après une procédure de divorce ensuite, il a décidé de refaire sa vie loin de l’Ile-de-France, où il est en train de créer sa propre entreprise. « La seule chose qui compte, témoigne-t-il aujourd’hui, est que la justice ait reconnu mon innocence. Je ne regrette pas d’avoir dénoncé cette triste affaire, même si j’en ai payé le prix. Il est important pour mes enfants que mon nom soit lavé de tout soupçon. »

Les trois ex-agents verbalisateurs qui ont été condamnés sont toujours employés par la ville des Mureaux comme agents techniques (l’un d’entre eux, qui était absent le jour du jugement est aujourd’hui en disponibilité). « Ils ne seront pas licenciés », confirme un proche du maire.


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