«Mes marches d’émeraude et mes parvis d’albâtre. Mes colonnes de marbre ont les Dieux pour sculpteurs. J’ai fait illustre un nom qu’on m’a transmis sans gloire. Qu’il soit ancien qu’importe ? Il l’aura de mémoire. Que du jour seulement où mon front l’a porté.» Vigny, sur le penchant du vallon de l’Aubette a donné son nom aux ancêtres du poète. Son beau château Renaissance, fut construit sous Louis XII.
Il fut conçu dans le même esprit que Chaumont-sur-Loire, mais il a été tellement restauré et agrandi au XIXe siècle, par le comte Vitali, que la belle façade hérissée de tours apparaît comme un décor de cinéma. Il se présente aujourd’hui comme un surprenant pastiche de château Renaissance, avec de nombreuses tours en poivrière, un donjon, des fenêtres à meneaux, de larges douves et des jardins à la française.
De nombreux films ont été tournés dans ce décor en vraie grandeur qui se découvre après le Bord’haut de Vigny, et la belle descente vers le village. Dans le parc, l’imposante maison avec sa tour pentagonale au centre est du XVIe siècle. Châteaux inanimés avez-vous donc une âme ? Vigny a gardé la noblesse qui fit la gloire de son lointain passé. La première mention d’un manoir à Vigny remonte à 1377. Le cardinal d’Amboise achète Vigny en 1504 et fait construire. À sa mort en 1510, le domaine passe à son neveu, Georges II. En 1555, le connétable Anne de Montmorency se porte acquéreur. Son blason est gravé dans la pierre, ainsi que sa devise : «Aplanos» (sans errer, varier). En 1633, le château passe aux Ventadour, et en 1694 à la famille de Rohan.
En 1867 le nouveau propriétaire, Philippe Vitali fait restaurer et agrandir le corps central, par l’architecte Charles-Henri Cazaux.
Hérissé de tours
Vers 1888, le gros donjon carré et la chapelle sont édifiés. Ils sont placés aux extrémités des deux ailes en équerre, que flanque un châtelet carré, et que cantonnent les tours rondes. La plate-forme du château, ceinte de douves, constitue l’assise d’un ensemble à cour fermée.
Vigny garde belle allure, avec ses façades et ses imposantes toitures. Les ponts de pierre, les écuries, l’orangerie, la ferme, le manoir, les communs : un charme romantique se dégage de ce château qui se reflète dans l’eau de ses douves.
Le quadrilatère initial a cédé la place à un ensemble aimable ouvert au dehors par de larges percées. Les éléments du décor, les bandeaux sculptés et l’ornementation des lucarnes s’opposent à l’esprit guerrier apporté par les toits en poivrière, la ceinture du chemin de ronde, couvert sur mâchicoulis, même si les armoiries figées sur les tours rondes affichent hautement les prétentions d’un style de vie seigneurial. L’Aubette coule...
Château privé, pas de visite.
Texte réalisé avec le concours de Claude Danis auteur du « Guide des Châteaux en Val-d’Oise » aux Éditions du Valhermeil, 112 pages. 9,80 euros.
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