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Fête de la moisson sous un soleil inespéré
Née d’une tradition ancestrale, recréée par l’association Agri 78, en collaboration avec les comités des fêtes de Bréval et de Neauphlette, la « Fête de la moisson » révisait pour la 5e année consécutive les us et coutumes du siècle dernier.

Le Courrier de Mantes
Publié le:  29 août 2007
Page 22 
— Jonathan Jugé, jeune maréchal-ferrant qui travaille à l’ancienne.

La grande parade de tracteurs, les matériels anciens, le battage à l’ancienne, la tonte des moutons, le ferrage des chevaux…

Tout un manège qui côtoie allègrement les visiteurs des stands de produits régionaux. Un folklore rare. Les nombreuses découvertes artisanales ont attiré un public toujours aussi nombreux en cette journée radieuse. Un réel partage entre simples curieux et vrais passionnés. En effet, pas moins de 1 800 personnes sont venues revoir les pratiques de cultures d’antan. Petit tour d’horizon des stands et animations proposés ce week-end.

« Jonathan Jugé, maréchal-ferrant de Flins-Neuve-Église, a confectionné un fer orthopédique sur mesure, suite à la fracture de la 3e phalange de Fushia-Viquing, notre cheval âgé de 14 ans », expliquent Brigitte et Pascal Preud’Homme, propriétaires de chevaux demeurant à Neauphlette. « Ce jeune passionné nous impressionne par ses talents et sa manière de travailler comme autrefois », commente Françoise, qui est venue de Maule. En effet, le public, connaisseur ou non, ne s’y trompe pas et reste admiratif devant la forge à l’ancienne.

Vieux outils, vieilles machines

Christian Le Guhennec, de Thivernal-Grignon, fait partie de l’Association de sauvetage du patrimoine industriel et agricole. « L’association s’intéresse à tout ce qui est moteur fixe, dans un souci de conserver et de remettre en état d’origine le matériel agricole. Je travaillais chez Matra. Aujourd’hui, mon grand bonheur, c’est de démonter les vieilles machines et de me dire : “Est-ce que je vais être assez bon pour les remonter ?” C’est un plaisir personnel », confie Christian.

La machine qu’il a exposée représente un hiver de travail. Ce moteur diesel mono cylindre de 1940 peut entraîner une batteuse. Pour l’anecdote, ce type de moteur a aussi servi pendant la guerre, il alimentait électriquement les blockhaus. « Rendez-vous à Giverny au Muséum de mécanique naturelle les 22 et 23 septembre prochains, pour les mordus de moteur fixe », ajoute Christian.

Fordson Major de 1957

Même succès empli de nostalgie avec la présentation d’outils agricoles manuels par Gilbert Raoult. Ce passionné restaure aussi bien les faucilles à blé, à bois, les faux à herbe, les javeliers, les piémontoirs et autres crocs pour arracher les betteraves. Ici, il présente au public attentif le javelier qu’il a restauré avec un bois léger, du frêne. « Issu d’une famille d’agriculteurs, j’ai ce besoin de redonner vie à ces vieux outils. Je parcours les brocantes à la recherche de reliques que je restaure », explique Gilbert Raoult.

Dans le milieu rural, les racines ne s’oublient pas de sitôt. À côté des outils traditionnels, on pouvait également découvrir de vieux tracteurs. Des machines savamment entretenues et restaurées, qui font la joie des collectionneurs.

« Suite à la liquidation du parc par les Anglais, qui utilisaient ces tracteurs sur des terrains d’aviation, j’ai acheté ce Fordson Major en 1957, en remplacement d’un vieux Renault ayant 10 000 heures », explique André Chefdeville agriculteur retraité. Dominique Bauchet, le neveu d’André, venu de Bueil, l’a rénové pour la présentation à la Fête de la moisson. « Je charrie du bois et je fais du foin. Je n’en ai qu’un seul mais je compte agrandir ma collection », sourit Dominique.

Tonte de moutons

La démonstration de tonte de moutons a attiré une foule curieuse grâce à la passion de Roger Magny, retraité de Bréval qui a su montrer sa méthode et expliquer son parcours. « Je ne suis plus un professionnel, j’ai voulu faire plaisir aux organisateurs », confie-t-il.

Mais revenons à nos moutons. « Mon grand-père avait des moutons et 25 à 30 vaches, c’était un Savoyard, formé à l’école de Rambouillet. J’ai commencé le 4 mai 1960, pour m’orienter vers l’élevage de moutons, afin d’échapper aux contraintes des traites. Nous avons eu jusqu’à 400 brebis. La race était un croisement de Mérinos, pour la qualité de la laine, et de Disley, pour sa masse musculaire, appelée Ile-de-France. La tonte s’effectuait au printemps. La technique est dite entravée, les membres sont ligotés. Je commence par la tête, tondeuse électrique à la main. Le but final ? Arriver à tondre en un seul morceau, la toison », conclut Roger Magny.

« J’aime bien venir chaque année, clame Vincent, un jeune résidant à Rouen. Aujourd’hui, j’ai suivi la tonte des moutons. C’est très impressionnant ! »

En tout cas, en fin de journée, après ce long et agréable voyage à travers un siècle d’agriculture, le public avait des jambes… de laine !

Le bilan des moissons : une récolte laborieuse

« Sur ces 9 hectares de blé, la moisson a été difficile cette année. Une moisson à la volée, entre deux averses, confie Philippe Malhappe, le propriétaire du terrain. Elle s’est étalée en effet sur un mois et demi au lieu des quinze jours habituels. Comparativement, la difficulté a été plus importante dans les orges car à cause de la météo, les épis se sont cassés », ajoute-t-il.

Pour l’anecdote, les foins ne sont pas finis. Et ça, de mémoire d’agriculteur, c’est du jamais vu ! « J’en ai fait un peu au mois de mai, je pense terminer la semaine prochaine », conclut Philippe.

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