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Derniers instants de détente autour d’un repas, mercredi dernier, avant les prises de l’après-midi. |
Joalinda, Justine, Toussaint, Boubacar, Hassim ou Maïmouna sont figurants dans le dernier film de François Dupeyron, comme plus de trois cents habitants des quartiers de la Vigne-Blanche et des Musiciens. Ce huitième long-métrage du réalisateur de « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran », dont plusieurs scènes sont tournées aux Mureaux et à Cergy, s’intitule « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Félicité Wouassi, Fatou N’Diaye, Claude Rich, Mamadou Diouma, Mata Gabin, Marcel Cuvellier, Renée Le Calm et Raymond Gilles figurent au casting de cette comédie annoncée comme politiquement incorrecte, qui devrait sortir en avril 2008.
Tournage à Cergy et aux Mureaux
La scène se passe en banlieue parisienne en août 2003, été de canicule. Sonia, une aide familiale, fait le maximum pour assurer le quotidien de sa famille. Elle se prépare à marier sa fille tout en tentant de discipliner son fils cadet, qui trafique dans le quartier. Son mari meurt le matin de la cérémonie de mariage. Alors, pour ne pas gâcher la fête, Sonia décide de cacher le décès, et d’enterrer le cadavre à la cave sur les conseils d’un voisin interprété par Claude Rich.
Mercredi dernier, les trois cents figurants muriautins, essentiellement issus de la communauté africaine sénégalaise et malienne, s’apprêtaient à partir pour Cergy, en habits de fête, afin de terminer la scène de la cérémonie du mariage religieux à l’église, ainsi qu’une scène de baptême.
La plupart des figurants, que l’on retrouvera même en photo sur l’affiche officielle du film, ont pris un grand plaisir à jouer la comédie pour la première fois. Et apparemment, le courant est bien passé entre la production et les acteurs. « Nous avons eu des retours très positifs », confie Maïmouna, animatrice au centre social de la Vigne-Blanche. « C’est super-intéressant, on a appris plein de choses sur les techniques de cinéma », poursuit la jeune femme de 25 ans. « On se rend compte que faire un film nécessite un vrai travail. » En effet, les deux jours de tournage de la scène de l’église feront tout au plus deux minutes de scène à la fin. Maïmouna confie que la figuration de la cérémonie a été « très marquante » pour nombre de femmes africaines, souvent de confession musulmane, elles qui n’étaient jamais rentrées dans un lieu de culte catholique. « C’était même surprenant de les voir répéter les chants avec beaucoup d’entrain ! », s’étonne Maïmouna. Pour Boubacar, 16 ans, les demi-journées de tournage s’avèrent un peu rudes : « C’est bien mais c’est trop dur, il faut rester debout une demi-journée… » Beaucoup d’enfants se sont portés candidats pour faire l’acteur, comme Justine, qui accompagne sa maman. La mère et la fille, toutes deux vêtues de robes satinées rose et violet, ont le sourire aux lèvres. Joalinda, employée dans une blanchisserie, convient quand même qu’il est difficile de « devenir célèbre »… Beaucoup des figurants adultes ont pris des congés pour pouvoir participer au tournage. C’est une fierté pour eux, et pour leur ville.
Le tournage se poursuit jusqu’au 5 octobre. D’autres scènes seront tournées, notamment dans le studio aménagé dans la médiathèque, et dans le quartier de la Vigne-Blanche où une scène est prévue en extérieur.






