Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Recel de bijoux : il échappe à la peine « plancher »
Le Courrier de Mantes
Publié le:  22 août 2007
Page 6 

Pour la première fois, jeudi, un procureur du tribunal de Versailles s’est appuyé sur la loi imposant des peines « plancher » en cas de récidive dans ses réquisitions. Une loi toute fraîche, datée du 10 août 2007 et parue au Journal officiel le 11. La procureure avait requis deux ans d’emprisonnement à l’encontre d’un jeune homme qui comparaissait pour recel de vol de bijoux. Mais le tribunal ne l’a pas suivi.

Dans la nuit du 15 au 16 août, les policiers des Mureaux arrivant près d’un immeuble voient un individu qui, manifestement, fait le guet, et remarquent des allers et venues curieuses, à cette heure, dans la cage d’escalier. D’autant plus que les gens en question portent des paquets. Aucun doute, un cambriolage est en cours. Lors de leur intervention, tout le monde s’enfuit comme une volée de moineaux, mais ils interpellent quand même plusieurs personnes, dont Fouad El Asri, 23 ans. Il leur fournit une explication alambiquée et pas très convaincante. Sa mère l’aurait appelé car on lui aurait signalé que l’appartement de sa fille, absente, faisait l’objet d’une tentative de cambriolage. « J’ai du mal à comprendre que face à un cambriolage, on n’appelle pas la police », s’étonne la présidente.

Le cambriolage avait bien eu lieu, mais dans un autre appartement. Mais en garde à vue, le jeune homme demande à une autre personne, qui n’avait rien à voir dans l’histoire, de vider ses poches. L’autre s’exécute…. Sous les yeux d’un policier qui découvre alors, une poignée de bijoux : collier de perles, broche, gourmette, etc. « Je les ai trouvés dans l’escalier. Ils étaient éparpillés… je n’aurais pas dû les prendre », expliquait-il vendredi à la barre du tribunal. Le problème c’est que le jeune homme a déjà un lourd passé : neuf condamnations à son actif, dont une pour recel de bijoux dans une affaire de vol avec effraction qui lui a valu trois mois de prison. Libéré depuis novembre 2006, il a depuis effectué une formation de cariste, et dit travailler dans une entreprise d’Orgeval. Ce qui n’a pas été vérifié.

Pour la procureure « le recel est parfaitement caractérisé ». « Même si on admet ses explications, au lieu d’aller voir la police pour leur donner les bijoux, il s’est enfui… et s’est fait interpeller ! » L’avocate qui défendait le prévenu a expliqué qu’il existait « une incertitude sur le fait qu’il savait les bijoux volés » et demandé la relaxe « au bénéfice du doute », ou tout au plus une peine bien en deçà des réquisitions du parquet, arguant des efforts que son client faisait pour se réinsérer. Elle a été en partie entendue, car les magistrats n’ont condamné Fouad El Asri qu’à six mois de prison.


Juin 2008 Juillet 2008 Août 2008
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18