Il paraît que les voyages forment la jeunesse et Diambere Dembele, malien de 23 ans du quartier des écrivains, n’en doute pas un seul instant. Déjà présent lors de l’expédition de décembre dernier, il est à nouveau du déplacement, mais en qualité d’encadrant cette fois-ci. En compagnie de la Sénégalaise Carole Mendy, ils auront pour principale tâche de veiller au bon déroulement du séjour de trois semaines qu’ils entreprennent avec trois filles et cinq garçons plus jeunes de cinq ou six ans.
Ce trajet vers le Sénégal pour les jeunes de Mantes s’effectue depuis quatre ans, en lien avec la Fédération nationale de la Maison des potes. Financé par le conseil général, la ville de Mantes et aussi en partie par les jeunes en question auxquels il est demandé une participation de 200 euros, il se veut être « une démarche citoyenne, un séjour citoyen » selon les termes de Robert Mendy, responsable du centre des Écrivains et chargé d’assurer la liaison entre l’Hexagone et le Sénégal durant le déplacement des jeunes à l’étranger.
Triés sur le volet en fonction de leur motivation, leur implication dans la vie de la commune et de leur situation personnelle, ces derniers savent toutefois qu’ils ne se rendent pas à Pikine pour faire du farniente. Logés dans une maison où ils devront apprendre la vie en communauté, les jeunes consacreront toutes leurs matinées à la rénovation d’édifices publics et à la restauration de bibliothèques et autres salles de classe. Leurs après-midi, en revanche, seront un brin plus reposantes, avec essentiellement des visites d’écoles et d’hôpitaux, agrémentées de quelques heures de jeux.
« Ce n’est pas là-bas que je vais habituellement, confessait Mehdi, étudiant en hôtellerie, originaire de Klamcem, et j’ai une petite appréhension. Mais je sais que je vais aider des gens là-haut… » Ce à quoi la jeune Sénégalaise Diapenda, en poste dans le télémarketing, rétorquait en se marrant : « Il y a ma sœur qui vit là-bas et tu verras que tout se passera bien. Moi, ma seule crainte, c’est l’avion… » C’est en définitive la jeune Bandel Dondou, du déplacement en décembre dernier et qui avait tenu à accompagner sa petite sœur avant le départ, qui rassurait tout ce petit monde : « Vous verrez, les seuls inconvénients seront le sable et la poussière auxquels vous n’êtes pas habitués ici. Pour le reste, ce sera une belle expérience. » C’est en tout cas tout le mal qu’on leur souhaite.
R. M.
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