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Prévu en septembre, le second vol de dirigeable se fera grâce à un moteur à combustible original.

Aéronautique. Les ballons de demain sont pensés ici
De belles avancées technologiques autour des dirigeables se préparent du côté du site Sulzer. La communauté scientifique qui s’y est installée au printemps travaille sur des ballons qui pourront, demain, être totalement autonomes énergétiquement et assurer des missions d’observation ou servir de relais de télécommunications.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  22 août 2007
Page 13 

Un ballon dirigeable devait décoller du site Sulzer fin juin, 104 ans après le premier essai de ce type d’engin, à Moisson. La météo exécrable a obligé les scientifiques à repousser leur projet, symbole de leur installation sur le Mantois, à septembre.

« Opérationnel au printemps »

Le vol aura d’ailleurs une particularité puisque le petit moteur électrique de 10 kW - l’équivalent d’un moteur thermique de 250 cm3 - qui permettra au ballon de se mouvoir sera alimenté par un étonnant combustible. Un premier essai a eu lieu à Royan, au printemps 2006. Non polluant, donc écologique, il ne demande qu’un apport d’hydrogène pour fonctionner. La réaction chimique de ses atomes avec ceux de l’oxygène produit l’énergie suffisante pour le faire tourner. Elle produit d’ailleurs aussi de l’eau qui elle-même peut être récupérée et, ultérieurement, par l’action de l’électricité, séparer ces deux familles d’atomes.

« Le but est d’y associer des cellules photos électriques pour assurer cette transformation chimique en vol le jour et, la nuit, utiliser l’hydrogène pour faire fonctionner le moteur, détaille Hervé Kuhlmann, ingénieur de recherches. L’idée est de donner au système, donc au ballon, une autonomie de fonctionnement 24 heures sur 24. »

Les cellules photoélectriques nécessaires existent aujourd’hui en laboratoire, dit le scientifique. Leur industrialisation permettra de les intégrer dans le tissu même du ballon.

Ces projets offrent d’ores et déjà de nouvelles perspectives de recherches… dont certaines figurent précisément au programme des étudiants de mécatronique, notamment, installés sur le site. Il porte sur la capacité du ballon à se déplacer sans pilote pour des missions de courte durée, mais aussi, dans une seconde partie, à garder une position stationnaire dans des conditions de vol difficiles, le temps d’y arrimer une charge lourde avant de repartir. « Nous allons faire en sorte d’avoir un ballon opérationnel au printemps », prévoit Hervé Kuhlmann.

De telles innovations laissent augurer de développements originaux, comme l’envoi à plus de 20 km de ballons stratosphériques, capables de servir de relais de télécommunications par exemple.

« Il peut aussi s’agir de ballons d’observation pour le repérage de fuites de pétrole en mer, la mesure d’étendue des pollutions le long des côtes. Ils peuvent aussi être employés pour la topographie. On ne peut pas parler de surveillance, en tout cas pas de façon permanente, puisqu’ils restent soumis aux vents et aux intempéries. »

Le réseau scientifique Dirisoft, installé là depuis mars, devrait s’appuyer sur le pôle de recherche Pégase, situé en Rhône-Alpes et qui travaille, entre autres, sur le transport de charges lourdes, pour parvenir à ces résultats.

Première étape de ce calendrier d’innovations technologiques locales : le décollage en septembre du dirigeable de quinze mètres, peu après la rentrée universitaire et… dès que les dieux du ciel donneront leur feu vert.


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