L’Hexagonal se présente à bien des égards comme un anti-Tour de France : les amateurs, filles et garçons, et même les « pratiquants occasionnels », sont invités à participer. Les « pros » n’en prennent pas ombrage, et partent sur la même ligne. « Dans le VTT, les champions n’ont pas la grosse tête », fait valoir l’organisateur Rodolphe Andrieu.
Ils étaient donc une quinzaine d’amateurs à s’être inscrits pour l’étape des Mureaux, dont Benoît Marchal et Laurent Leboeuf, du VTTeam78 de Guerville, des randonneurs licenciés Ufolep qui ont rêvé « d’accrocher les meilleurs ». « Les premiers nous ont mis deux tours dans la vue », racontent-ils à l’arrivée, très contents en fait d’avoir côtoyé le champion olympique Miguel Martinez et les autres.
Premier chez les amateurs, le Maulois Thomas Verré (junior) a pris garde de « ne pas se mettre dans le rouge », comme il l’avait fait lors de l’étape vendéenne de l’Hexagonal, quand il avait voulu suivre les Élite sur les trois premiers tours.
Un anti-Tour de France, on vous dit : a-t-on jamais vu les organisateurs de la Grande boucle diminuer la longueur d’une étape pour cause de trop grande difficulté ? C’est arrivé samedi sur l’Hexagonal : le jury, se concertant avec les coureurs, a estimé en effet nécessaire, ou prudent, de réduire à six (au lieu de sept) le nombre de tours de circuit. Circuit de 9 km qui alternait parties très techniques – on a vu des Élite mettre pied à terre la butte de Sautour – et passages roulants dans les chemins, « sur un sol extrêmement dur qui tapait énormément ». C’était donc bien assez difficile comme cela. « Dans le Tour VTT, il y a une journée de repos tous les quatre jours. Il faudrait la rendre obligatoire sur toutes les courses à étapes », plaide Rodolphe Andrieu. Le promoteur depuis sept ans de l’Hexagonal regrette de n’être pas écouté par les “routiers” au sein de la FFC. « On ne discute pas beaucoup avec eux, hélas. Le VTT est touché également par le dopage, mais ça n’a rien à voir avec la route. À l’Hexagonal, nous n’avons pas connu un seul cas. Pour l’instant, du moins. »
L’Hexagonal n’est pas le Tour, et il n’enrichira pas son vainqueur. L’épreuve, l’une des mieux dotées parmi les courses de VTT, ne distribue, tous prix confondus, “que” 55 000 euros.
Le fil de la course
Dessinée par Christophe Verré et ses coureurs du Team Maule-Epône VTT, l’étape a bouleversé le classement général. Dès le départ, douze coureurs se détachent, dont tous les favoris. Le groupe est bientôt réduit à six coureurs, Chris Jongewaard, Rudi Van Houts, Ludovic Dubau, Pierre Lebreton, Miguel Martinez et Jochen Kass. Martinez et Lebreton lâchent prise. Le Néerlandais Rudi Van Houts et son coéquipier australien Chris Jongewaard s’échappent à deux tours de l’arrivée. Le titulaire du maillot soleil, l’Allemand Jochen Kaas, victime d’une crevaison lente, est incapable de les suivre. Il perd la place de leader au profit de Rudi Van Houts qui remporte l’étape.
Chez les femmes, Laurence Leboucher, championne du monde à plusieurs reprises en VTT et cyclo-cross, monte sur la plus haute marche du podium devant la Canadienne Kiara Bisaro, qui garde la première place au général. À l’issue de la dernière étape à Montmartre le lendemain, Van Houts et Bisaro conserveraient leur maillot soleil. Et Van Houts déclarerait : « Je suis heureux, cette course à étapes est vraiment la plus belle au monde », en songeant certainement à cette étape muriautine, pour lui absolument décisive.
Classement de l’étape : 1. Rudi Van Houts (PBS, Team Dolphin) en 2 h 06 min48, 2. Chris Jongewaard (AUS, Team Dolphin) en 2 h 08 min39, 3. Ludovic Dubau (FRA, Team New Cycling) 2 h 08 min42, 4. Jochen Kaas (ALL, Team National Germany 1) en 2 h 10 min23, 5. Miguel Martinez (FRA, Team Inter Région) en 2 h 12 min14, 6. Cristobal Silva (CHI, Team National Chili) en 2 h 12 min17, 7. Dylan Cooper (AUS, TeamSouthAustralia. com) en 2 h 13 min16, 8. Lachlan Norris (AUS, Team SouthAustralia. com) en 2 h 13 min 17, 9. Alejandro Diaz de la Pena (ESP, Team MSC Bikes) en 2 h 13 min41, 10. Sid Taberlay (AUS, Team Dolphin) m. t.
Deux Maulois au « pôle France »
Figurant parmi les « régionaux » de cette étape muriautine, les coureurs de Maule Thomas Verré (junior 1) et Simon Peyroux (cadet 2) intègrent en septembre le “pôle France” de Besançon.
« Dans cette structure nouvellement créée, encadrée par le staff de l’équipe de France, qui va accueillir huit athlètes, quatre garçons et quatre filles, nous plaçons donc deux de nos coureurs », se réjouit Christophe Verré, le manager du Team Maule-Epône VTT. « Ce résultat est une reconnaissance, nous avions cela en tête il y a deux ans lorsque nous avons monté notre structure avec Eric Bonnet (administratif du club, NDLR). Thomas et Simon continueront de courir pour le team en Coupe de France, mais ils ne seront de retour dans la région qu’aux vacances scolaires. Quant à nous, nous allons nous réinvestir au niveau des plus jeunes. »
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