Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS

Frédéric Thépenier est déçu de la qualité de son foin.

Malgré une météo désastreuse, les agriculteurs gardent le moral
Un printemps très doux et un été froid ont beaucoup perturbé la moisson de cette année, la récolte est assez médiocre. Cependant la hausse du prix du blé et le volume important récolté cette année devraient compenser la baisse de qualité.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  15 août 2007
Page 5 

« Le temps ne s’incline pas devant nous mais nous devant le temps », ce vieil adage n’a jamais eu autant de sens que cette année pour les agriculteurs de la région.

La météo du mois de juillet a été désastreuse. Il n’y a pas eu une semaine complète de beau temps au mois de juillet. Du coup, la moisson n’a commencé que mi-juillet. Et les récoltes ne sont pas de bonne qualité.

Frédéric Thépenier est agriculteur depuis 1986 à Fontenay-Mauvoisin. Il élève quatre-vingts vaches laitières et cultive 165 hectares de blé, orge et colza.

À la mi-août il n’a toujours pas terminé sa moisson. « On n'a eu qu’une semaine de beau temps à la suite. Donc on moissonne par petits bouts, ça nous ralentit considérablement explique-t-il. Ça pose plusieurs problèmes : toutes les céréales (blé, orge, colza) sont arrivées à maturité en même temps. Comme on se partage la moissonneuse à trois cultivateurs, il faut donc jongler les jours où il fait beau. »

De plus, à cause de la pluie et du vent, le blé se couche et les grains peuvent germer et pourrir dans le sol.

Une baisse de qualité…

La mauvaise récolte se traduit par une baisse du poids spécifique (72 kg par 100 litres au lieu de 76 les années passées). Cette baisse de poids spécifique entraîne une baisse de qualité obligeant les agriculteurs à vendre leurs céréales à l’alimentation animale et donc à les vendre moins cher.

Cependant André Ferrar, responsable opérationnel à la coopérative agricole Sevepi à Bréval, estime que « la majorité de la production est tout de même partie en meunière et non en alimentation animale. On a déjà connu des saisons comme ça, il y a une cinquantaine d’années. C’est le métier qui veut ça. La situation dans les Yvelines est moins catastrophique qu’en Normandie par exemple, où il a plu davantage. »

« La météo capricieuse de ces dernières années tend à provoquer des mauvaises récoltes. On est loin des excellentes récoltes de 2000-2001 », ajoute-t-il.

Frédéric Thépenier est, par contre, très déçu par son fourrage.

Le mauvais temps a donné du foin de très mauvaise qualité, qu’il va donc devoir compenser avec des compléments alimentaires pour nourrir ses vaches, ce qui va engendrer un surcoût.

…compensée par une hausse des prix

Les agriculteurs gardent quand même le moral car la baisse de cette qualité est compensée par deux phénomènes. Tout d’abord les importants volumes récoltés cette année.

Paradoxalement, c’est la météo qui a favorisé cela : « Même si la qualité n’est pas exceptionnelle, on a gagné en volume, donc on en vend plus », explique Frédéric Thépenier. Il a récolté 83 quintaux* de blé, 79 d’orge et 31,5 de colza, bien plus que les années passées.

La hausse du prix du blé ensuite. Il a augmenté de 70 % en un an sur le marché mondial. Les mauvaises récoltes en Ukraine et en Australie et une demande de plus en plus forte font flamber le prix du blé. Il tourne actuellement autour de 170 € la tonne. « La baisse de qualité compensée par le prix du blé ne nous a pas fait perdre d’argent », continue-t-il.

Les agriculteurs connaissent bien les caprices de la météo et apprennent à jongler avec. Le mauvais temps n’aura pas eu raison d’eux cette année.

* Un quintal équivaut à une demi-tonne.


RECHERCHER SUR LE WEB
Google

Tous droits de reproduction réservés. Passez votre annonce sur le net 24h/24h.


Webmaster