Sous le coup d’un avis d’expulsion dont l’échéance est prévue pour le 4 septembre, Radio Droit de cité pourrait trouver son salut du côté de Mantes-la-Ville, et plus précisément du Domaine de la vallée. La radio du Val-Fourré, privée d’antenne depuis un mois, entend continuer à émettre. « On veut rester une radio de proximité, qui favorise la mixité sociale tout en étant une réelle passerelle entre les gens », confie Adil Farquane, cofondateur et administrateur de RDC.
Sans sombrer dans l’opportunisme, l’équipe de Radio Droit de cité veut avant tout conserver son indépendance et son autonomie. Dès lors, la proposition de la maire, Annette Peulvast-Bergeal, semble séduisante. « Il faut l’étudier attentivement, rencontrer les gens et en discuter autour d’une table. »
Le ton reste modéré, mesuré et prudent. « Toutes les propositions sont les bienvenues et nous les étudierons toutes. »
Plus qu’un local, un partenariat
« Nous avons toujours soutenu la radio, affirme Frédéric Mallozi, chef de cabinet d’Annette Peulvast-Bergeal, et sa disparition serait vraiment désagréable. » D’où la proposition d’hébergement au Domaine de la vallée, dans le parc immobilier d’Emmaüs.
Avec ce nouveau local, Mantes-la-Ville souhaite créer un véritable partenariat avec la Région. « La radio pourrait s’étendre à l’agglomération au lieu d’être restreinte à une seule ville et ça réhabiliterait le Domaine. »
Silence radio
En proposant une association entre RDC et la Région, la mairie veut « faire grandir la radio » tout en posant les bases d’un véritable partenariat, avec ses obligations mutuelles. « Il faudra signer une convention d’objectifs à respecter des deux côtés. » Frédéric Mallozi ajoute que, si proposition il y a, elle ne sera validée que lorsque les tensions internes de la radio seront résolues.
De leur côté les membres de Radio Droit de cité veulent eux aussi garantir la stabilité de leur institution par la signature d’une convention.
Mais il faut d’abord enrayer la crise qui n’en finit pas de gangrener la station. À l’issue de la médiation orchestrée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel le 21 avril dernier, un accord de protocole avait été signé en l’état par les fondateurs de la radio, portés par Bernard Kossoko.
Mais, l’autre partie, menée par Lahbib Eddaouidi, refuse de signer tant que sa proposition n’est pas ratifiée.
Pour Adil Farquane, la crise ne se résorbera qu’avec « la signature du protocole d’accord entre les deux parties » qui pourrait ainsi permettre à RDC de retrouver sa grille de programmes.
En attendant, les membres de la radio veulent faire appel de l’avis d’expulsion, jugé « inadmissible et scandaleux ». Sans changer de fréquence, l’onde de choc n’a pas fini de résonner.
Florian Mazoyer
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