La Ville des Mureaux ne condamne pas la procédure mise en place par le bailleur Osica. « On ne peut pas cautionner l’initiative de Survivre », insistait, ces jours-ci, Albert Bischerour, adjoint au maire des Mureaux. Dans notre édition du 8 août dernier, nous évoquions les événements récents qui prolongeaient « l’affaire Survivre », entamée il y a quelques mois, avec le squat d’appartements par des familles mal logées.
Sanaa Alioui, la présidente, ainsi qu’une militante de la même association, une mère de famille et son enfant, ont d’abord été expulsées de l’appartement du premier étage de la tour Molière il y a quinze jours par une quinzaine d’agents de police. Cette tour située sur les hauteurs du quartier de la Vigne-Blanche, propriété du bailleur OSICA, fait partie du chantier de la rénovation urbaine et doit être démolie.
Deux jours pour partir
Huit jours plus tard, les huit familles qui squattaient d’autres appartements du quartier appartenant au même bailleur ont été à leur tour expulsées. Les services de police leur ont laissé le temps d’emporter leurs meubles et de prendre toutes leurs affaires, jeudi et vendredi derniers.
« Les squatteurs savaient ce qui les attendait, répond Albert Bischerour, ils avaient pris leurs dispositions. Une famille loge aujourd’hui à l’hôtel et les autres sont retournées dans les appartements qu’elles occupaient avant. Personne ne nie que leurs conditions de logement ne sont pas satisfaisantes. Mais ces personnes ne sont pas à la rue, elles sont mal logées, dans des appartements suroccupés bien souvent », explique l’élu. Parmi ces familles, selon Albert Bischerour, l’une, déjà locataire d’Osica, occupait un T3 et estimait qu’elle pouvait légitimement prétendre à un T4.
La Ville assouplit sa position
Comme le soulignait Marianne Cantau, première adjointe aux Mureaux, après l’expulsion de l’association, les familles ayant squatté des appartements « ne seront pas relogées par le bailleur ». Autrement dit, elles ont perdu leur place dans la file d’attente. Toutefois, cette semaine, Albert Bischerour nuançait un peu cette déclaration, en affirmant qu’il était « prêt à étudier des solutions de relogement de ces familles avec la préfecture », relogement qu'il n’est possible d'envisager qu’en dehors des Mureaux, compte tenu de la position intransigeante du bailleur.
De son côté, l’association ne cache pas qu’elle souhaite continuer à soutenir les familles en attente d’un relogement. Sanaa Alioui note aussi qu’il n’est pas anodin que les autorités aient choisi de les expulser « en plein mois d’août ». « On a d’évidence attendu le moment où les associations de défense du logement étaient toutes parties en vacances. Personne n’a pu nous venir en aide », regrette-t-elle. L’association demande à ce que les cas des familles mal logées soient examinés au plus tôt par la Ville et la préfecture.
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