|
Les vieux Muriautins se souviennent sûrement du temps où la départementale 43 était une déviation du centre-ville. Vint l’usine Renault inaugurée à Flins en 1954 en même temps que les premières cités ouvrières sortaient de terre aux Mureaux. D’abord les Bougimonts (940 logements) et Bècheville (959 logements). Des salles de bains aux baignoires sabots, des sanitaires, l’eau chaude, le chauffage : bref, le luxe pour les Sarthois venus de l’usine Renault du Mans, parmi les premiers à habiter dans les nouveaux HLM. Le centre commercial des Bougimonts, flambant neuf, marquait alors avec panache l’entrée des nouveaux quartiers symboles du début des “Trente glorieuses”.
Les années soixante, ce fut la Vigne Blanche (près de 1 000 logements). Dans les années soixante-dix, on bâtit le quartier des Musiciens, dernière contribution aux besoins de logements liés à l’industrialisation de la vallée de la Seine et à la résorption des îlots insalubres de la région parisienne. En face, les résidences chics de Grand-Ouest avaient vu le jour, accompagnées du rutilant centre commercial Corail.
Entre-temps, l’avenue Paul-Raoult était devenue une véritable autoroute urbaine.
Crise économique, chômage, politique d’attribution des logements coupable de regrouper les familles en difficulté dans les mêmes cités, réhabilitations plus ou moins ratées, malgré les efforts de la politique de la ville des années quatre-vingt-dix, les quartiers populaires vécurent une lente agonie.
L’un des plus gros projets français
L’heure est-elle aujourd’hui au réveil ? Les espoirs sont permis. Le projet mené depuis près de deux ans par les Mureaux constitue la troisième plus grosse opération de rénovation urbaine de France. Dans les 5 à 6 ans à venir, 346 millions d’euros (*ANRU 31 %, bailleurs 51 %, conseil régional 9 %, ville 6 % conseil général 2 %) vont être injectés pour démolir (1 076 logements), reconstruire (638 logements sociaux, 166 privés), réhabiliter (1 454 logements), réaménager et équiper les espaces. C’est un grand défi urbain et environnemental qui s’engage. Objectif : diversifier l’habitat et favoriser la mixité sociale.
Entièrement remodelée, équipée de pistes cyclables, l’avenue Paul-Raoult a désormais retrouvé figure humaine.
À la Vigne-Blanche, la tour Sauge est tombée. À la cité Renault, on a posé le 21 juin dernier la première pierre d’un programme de 19 nouveaux logements. Ce n’est bien sûr que le début.
Dans quelques mois commencera la réhabilitation de 70 appartements dans les immeubles de l’Ile-de-France, le long de l’avenue Paul-Raoult. On s’attaquera aussi aux Bougimonts où 72 logements nouveaux seront construits de part et d’autre de l’avenue de la République. La rénovation est en marche.
* ANRU, agence nationale de rénovation urbaine.






