Les résidents du 14, rue des Érables avaient été prévenus. Du 28 mai au 22 juin, ils seraient privés d’ascenseur, le temps de le remettre aux normes. Un peu long, déjà. Pourtant, ils n’étaient qu’au début de leurs (mauvaises) surprises. La première ? Un report du calendrier. La seconde ? L’arrêt, pendant plus de dix jours, des travaux…
« Les travaux ont commencé, en fait, le 12 juin et devaient se finir le 13 juillet. C’était déjà long. Mais quand je suis rentré de vacances, lundi dernier, le chantier était encore en plan. Les bras m’en sont tombés ! » explique, énervé, Paul Dardart.
Dix étages à grimper
Il habite au 9e étage de la tour no 3. À soixante-dix-sept ans, descendre, remonter, deux à trois fois par jour, « c’est une vraie galère ! Et encore, moi, j’ai de la chance, relativise M. Dardart. Je suis encore en forme. »
Ses voisins du 10e, les Florence, à 85 et 87 ans, ont été bien plus embêtés par cette interruption. Marcel souffre de gros problèmes de mobilité. Sa femme, elle, est sous assistance respiratoire. Sur le même palier, Simone Jouveneau, 87 ans, n’a pas pu sortir de chez elle pendant toute cette période. Deux mois de prison. « Je suis obligée de me faire livrer de la nourriture. Si je n’avais pas mes enfants et petits-enfants qui me rendent visite et me soutiennent, je ne sais pas comment je m’en serais sortie. »
Sans nouvelles
Durant trois semaines, les copropriétaires, le gardien, le syndic ont multiplié les coups de fil quotidiens, les fax et les courriers à la société Koné, qui gère l’ascenseur. Après une première explication tardive (un problème de livraison sur des pièces), l’entreprise a, en attendant sa commande, déserté le chantier. Sans avertir personne. Pour les habitants de la tour, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Contactée, la société Koné a justifié ce bouleversement du calendrier par le retard de livraison de la pièce, obligeant son sous-traitant à interrompre les travaux.
Au bout du fil, une employée s’interroge : « Les gens pensent qu’en contactant la presse, ça fera avancer les choses ? » Peut-être bien… Le lendemain, une équipe était dépêchée dans l’immeuble, avec la fameuse pièce. L’entreprise s’est engagée à terminer le chantier à la fin de la semaine.
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