Jeudi à 6 heures du matin, un huissier accompagné par les forces de l’ordre a délogé l’association Survivre de son squat de la tour Molière dans le quartier de la Vigne-Blanche.
La présidente de Survivre, Sanaa Alioui, véritable pasionaria de la lutte aux côtés des mal-logés, a été expulsée ainsi qu’une autre militante de l’association et une mère de famille avec son enfant.
L’opération s’est déroulée sans heurts. Elle intervient au terme d’une procédure judiciaire et d’une ordonnance préfectorale après des plaintes déposées par les bailleurs sociaux touchés par les squats, en l’occurrence l’Osica et l’Opievoy.
En effet, l’association ne s’est pas contentée de s’installer dans un logement vide de la tour Molière. Au nom du droit au logement, elle a réquisitionné huit appartements dans les quartiers de la Vigne-Blanche et des Musiciens.
Selon les informations fournies par l’association elle-même, depuis la mi-mai une trentaine de personnes sans logement avaient ainsi trouvé un toit.
Pour s’introduire dans les appartements, il avait fallu forcer les serrures. C’est d’ailleurs pour dégradations de portes que la bouillonnante Sanaa Alioui a été placée à deux reprises en garde à vue au commissariat des Mureaux. C’était à la mi-juin. Plus gênant pour l’image de l’association : certains logements pris d’office par Survivre étaient en cours d’attribution à d’autres familles qui, elles, avaient suivi le processus classique d’attribution.
Les responsables de la ville, qui ont du mal à comprendre le jusqu’au-boutisme de cette jeune femme, qui a fait ses premières armes auprès des Enfants de Don Quichotte, s’interrogent sur le choix des Mureaux. « Mademoiselle Alioui est aubergenvilloise pourquoi ne mène-t-elle pas ce combat dans sa commune ou bien encore pourquoi ne va-t-elle pas occuper les immeubles vides autour de la Bourse à Paris par exemple », lance-t-on assez amer dans l’entourage du maire.
Les skateurs à l’index
L’affaire n’est pas finie puisque les procédures d’expulsion sont également en cours pour les autres appartements occupés illégalement.
Parmi les familles qui squattent, deux étaient sur le point d’obtenir un logement aux Mureaux, selon la mairie. Mais elles ont définitivement perdu leur “ticket” chez les bailleurs. « Les choses sont très claires, les bailleurs ne logeront pas les familles qui ont occupé illégalement des appartements sur la ville », affirme Marianne Cantau.
En cas d’expulsion, les personnes seront dirigées vers le 15, qui gère l’hébergement d’urgence.
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