Au mois de mai, le jeune boxeur (il est né en 1984), parvenu en trois ans au faîte de la discipline, cette fameuse classe A qui concentre l’élite, a remporté son titre de périlleuse façon, la cheville blessée, l’épaule démise (« Je me l’étais déboîtée en demi-finale, et me l’étais remise tout seul »). Surtout, au cours de la quinzaine qui avait précédé ce combat, pas une seule fois David Dumont n’avait pu, à cause de ses blessures, s’entraîner. C’est en « la jouant stratégique » que Dumont l’a emporté : en esquivant, en laissant « l’autre se fatiguer ». En kick, mieux vaut donc être un stratège qu’un bourrin.
Alors ce que David Dumont tient malgré tout à dire, c’est que le kick boxing n’est pas un sport dangereux. « Les gens ne savent que l’on apprend à mettre des coups et à en recevoir, ils n’imaginent pas toute la préparation physique et mentale qui précède le combat. » La douleur est absente des combats, elle ne vient qu’après. Et puis, à force de recevoir des coups, « le tibia s’endurcit ».
Après son championnat, David Dumont s’est offert une trêve d’un mois. « Je me suis reposé, j’ai laissé partir mes douleurs. » Et s’il n’a, en ce début du mois d’août, pas encore repris le chemin de l’entraînement, il s’est remis à courir et fait du vélo à la salle de sport « pour le cardio ».
David Dumont est un garçon déterminé. Qui avance en se donnant, année après année, des objectifs. Il peut s’agir d’un diplôme – le BTS compta-gestion passé l’année dernière à François-Villon, envisagé comme une porte de sortie au cas où « le sport ne marcherait pas » – ou d’un titre : il songe déjà au prochain championnat de France, quand il lui faudra remettre son titre en jeu. Et valide parallèlement un Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS) qui l’autorisera à intervenir, comme éducateur sportif, « dans une pluralité de disciplines ».
Avec quatorze victoires en autant de combats, le sociétaire de l’AS kick-boxing Les Mureaux, n’envisage pas la défaite : « Je ne sais pas comment je réagirais, je crois que ça m’atteindrait. »
Doué pour tous les sports, David Dumont a d’abord cru qu’il était fait pour le football. « Je jouais libero à Poissy, en DHR. Je visais la CFA, mais je n’ai jamais eu ma chance », regrette-t-il. Après une blessure, il a voulu faire de la boxe thaï mais son beau-frère, qui faisait du kick aux Mureaux, lui a représenté que sa discipline était « plus harmonieuse, plus jolie à voir ». Dumont ne regrette pas d’avoir rencontré l’entraîneur Mohamed Touatioui. À qui il devra, sans doute, de disputer le championnat du monde de Belgrade dans moins de deux mois.
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