Le président Dussaucy, fort marri de voir que ses joueurs seniors voulaient remonter une équipe aux Mureaux avait déclaré il y a deux semaines qu’en cas de départ massif, il ne voyait alors plus vraiment d’intérêt à continuer l’entente entre les cadets, juniors et l’école de rugby.
« Je comprends que René Dussaucy ne soit pas content, déclare Philippe Château, mais ce que je ne veux pas, c’est que la situation des enfants pâtisse en raison de querelles d’adultes. »
Là où l’on croyait que le principal était aux Mureaux de réaligner une formation seniors, le docteur Château prend le contre-pied de la pensée dominante et défend une vision personnelle de ce que doit être un club. Il rappelle : « Lorsque je suis arrivé en 2004-2005, le rugby n’attirait plus les enfants aux Mureaux. Un projet avait donc été proposé à la ville afin de favoriser les passerelles avec le milieu scolaire. » Démarré par Jérôme Lamanda, il est poursuivi actuellement par Hasna Rahmouni, la seconde ligne internationale de l’équipe de France.
« Nous avons ensuite réalisé des ententes avec Aubergenville, pour diverses raisons, d’abord en école de rugby puis en cadets et en juniors. Nous avons alors tenté de convaincre les élus de faire la fusion avec les seniors. Nos juniors qui montaient n’étaient pas très chauds mais on leur a demandé d’accepter temporairement de porter les couleurs du CSMAE pour faciliter le rapprochement. » Le manque de volonté politique de la part du maire d’Aubergenville François Bony n’a cependant pas permis à la fusion d’exister et, dès lors, les Muriotins en ont tiré les leçons. « Le maire des Mureaux François Garay a assisté à certains matchs de l’entente non officielle entre Aubergenville et Les Mureaux. Il a constaté que 90 % des seniors provenaient des Mureaux d’une part et que la mairie aubergenvilloise ne jouait pas le jeu d’autre part. Il a alors demandé aux dirigeants s’il était possible de repartir avec une équipe seniors. »
90 % des seniors
Et désormais, l’alignement d’une équipe muriotine en 3e-4e série d’ici septembre apparaît donc inexorable. Comme l’explique Philippe Château, « même si René Dussaucy vit cela comme un sentiment de trahison, il doit admettre que nul n’est propriétaire de ses seniors. Mais il ne doit pas pour autant fragiliser l’assise de la structure jeune. »
Toujours conciliant, le responsable du suivi du haut niveau des équipes nationales de karaté admet les erreurs commises par Les Mureaux : « Certains entraîneurs d’Aubergenville ont avancé des demandes légitimes et il y a eu des ratés chez les jeunes dû à un manque de dirigeants aux Mureaux, c’est clair. Nous sommes prêts à faire notre mea culpa et à discuter des choses à remettre à plat. Toutefois je le dis, il ne serait pas cohérent de fonctionner chacun de son côté. Les coûts seraient multipliés par deux et tout le monde y perdrait. »
Ce plaidoyer, entendu par quelques dirigeants aubergenvillois, va-t-il convaincre le président Dussaucy ? « On ne peut de toute façon pas aller contre quelque chose qui est la solution, conclue Philippe Château. Si on fait cela, on met la clé sous la porte. »
R. B.
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