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Mantes-la-Jolie. Gérard Schneider : acrylique en opus majeur
Le Courrier de Mantes
Publié le:  01 août 2007
Page 32 

Jusqu’au 16 septembre, l’Hôtel-Dieu ouvre ses portes au peintre Gérard Schneider dans le cadre de la rétrospective La Métamorphose du Lyrisme.

Virtuose, Schneider est avant-tout polymorphe, puisant ses élans et éclats tant dans les grands courants picturaux que dans la musique. « J’ai fait tous mes classiques », se plaisait-il à répéter. Véritable boulimique, sa palette absorbe toute l’histoire de l’art et n’en rejette rien. Dès lors, sa grande « culture picturale totale » apparaît comme polyphonique, foisonnante et radicale.

Marqué comme toute une génération par la Seconde Guerre mondiale, il bascule définitivement dans l’abstrait dès 1936 avec ses Figures dans un jardin.

Kandinsky, Mondrian…

Influencé par les pionniers Kandinsky et Mondrian, Schneider entreprend de briser les formes et s’extirpe de toute référence au réel. Selon sa propre expression, sa fougue est l’expression de « l’abstraction non géométrique informelle ».

L’histoire retiendra plutôt le terme d’abstraction lyrique tant la poésie suinte de chacun de ces drames à la forme si savamment et suavement maîtrisé.

Dynamisme scénique

Dès les années cinquante, son pinceau devient tumultueux, privilégiant un dynamisme scénique lourd et surchargé. Noir et blanc s’entrechoquent violemment et dévorent les quelques touches de couleurs sommaires égarées au milieu des jais de ce maelström. C’est tout le soufre de la guerre qui semble émaner de cette pâte fuligineuse. Mais l'artiste réussit le tour de force de jongler avec l'ombre et la lumière, à la manière des gammes colorées qui ponctuent ses tableaux dès les années soixante-dix.

L’exposition bénéficie du cadre raffiné de la vieille pierre de taille de l’Hôtel-Dieu, illuminant les opus d’une sérénité sauvage.

À deux pas du chaos perpétuel, Schneider a su appréhender le vertige et l’ivresse de son époque et les retranscrit dans son langage de coloriste. Il le disait lui-même, avec toute la prodigalité dont il était capable, « on nous discute, sans doute, on nous combat même, on ne peut plus nous ignorer ». Tout comme cette rétrospective en somme.

La Métamorphose du Lyrisme jusqu’au 16 septembre au musée de l'Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie

Tous les jours sauf le mardi. Lundi-vendredi : 12 heures - 18 heures ; samedi-dimanche : 12 heures - 19 heures.

Renseignements au 01 34 78 86 60.


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