« Avec le temps qu’il a fait, on ne peut pas dire que la saison a été très bonne ». Pour les commerçants du centre-ville, la période des soldes n’est pas exceptionnelle. Aussi brouillon qu’un crachin, la recette de la première quinzaine de juillet n’atteint pas les chiffres de l’année dernière. Malgré le bon bilan des mois d’avril et de mai, il semble que la chute du baromètre a refroidi les ardeurs de certains habitués. « Je n’ai pas beaucoup acheté cette année », nous confie une cliente, « alors que d’habitude j’en profite ».
Réaménagement
de l’agenda
Si certains dénoncent volontiers la météo et ses caprices, d’autres au contraire pestent contre le manque de dynamisme du centre-ville. Au grand désarroi des boutiques rues Gambetta et Nationale, les clients préfèrent encore chiner du côté des grands centres commerciaux. Même si elles préfèrent encore le centre à la périphérie lorsqu’il s’agit d’acheter, certaines adolescentes se plaignent quand même des prix trop élevés régissant les étalages des commerces de la ville. « Malgré le rabais, ça reste toujours très cher ».
Pour la gérante de Dress Code, la saison, même si elle n’est pas catastrophique, a été molle. S’ils ont commencé à démarquer à -30 %, d’autres n’ont pas hésité à franchir le cap symbolique des -50 % très rapidement. Hervé Barbet, vendeur chez le chausseur Cousin, explique qu’une plus grande flexibilité dans l’aménagement de la période des soldes permettrait tant d’adapter le commerce au climat que de coller davantage aux saisons vestimentaires.
« Le printemps a été très bon. Le problème c’est qu’on était en encore en période d’hiver et qu’on n’avait pas reçu les produits de la saison d’été. Et là c’est pareil, on est en été et il faudrait des vêtements plus chauds », raconte un commerçant.
Des pulls et des pantalons
Et du côté des magasins pour hommes, ce sont d’ailleurs les vêtements chauds qui ont le plus la cote. Comme nous le raconte Sabine Berge, responsable de la boutique Devred : « On a surtout vendu des pulls et des pantalons beaucoup plus que les bermudas et les t-shirts ». Globalement satisfaite, elle reconnaît tout de même que « c’est moins bien que l’an dernier ». Avec pourtant des prix « moins chers » que les années précédentes.
Si le monde du vêtement perd ses poils en hiver et que juillet se met à mimer mars, la solution de décaler l’agenda et de brader fin août, début septembre semble une parade possible pour pourvoir aux aléas du temps. Malgré l’adage, « ce sont les petites pluies qui gâtent les grands chemins », le moral, s’il est bradé, n’est pas liquidé. Reste que ce sont encore les grandes enseignes qui sortent le mieux la tête de l’eau, comme en témoignent les bons chiffres de Camaïeu, mais les commerçants, s’ils rient jaune, n’en font pas moins grise mine.
F. M. et A. H.
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