Le Département s'oppose à la Région sur le Sdrif
Le conseil général a rendu, vendredi, un avis défavorable au projet de schéma directeur régional d’Ile-de-France (Sdrif). Les élus de la majorité ont suivi Pierre Bédier qui considère que le projet régional est un obstacle pour le développement des Yvelines.
Marc Chauvisé
Le Courrier de Mantes
Publié le: 18 juillet 2007
Page 11
Les Yvelines sont le troisième département, après les Hauts-de-Seine et le Val-d’Oise, à se prononcer contre le projet de Sdrif du conseil régional. Pierre Bédier n’y va pas par quatre chemins : « Le projet de Sdrif va à l’encontre des attentes et des intérêts des Yvelinois. » Le logement et les transports sont au cœur de cette querelle. Reconnaissant que la Région a néanmoins fait des efforts en se rapprochant du schéma de développement équilibré des Yvelines décidé par le Département, Pierre Bédier estime que le compte n’y est pas. « Il n’y a rien en matière de transport routier, rien en matière de transport ferroviaire. Le prolongement de la Grande Ceinture vers le nord et Cergy et vers le sud et Versailles reste au point mort. Concernant les routes, l’A104 et l’A12, il n’y a aucun projet. C’est le désert du Kalahari », fulmine Pierre Bédier qui poursuit : « Les Yvelinois font partie de ceux qui utilisent le plus la voiture. Ils n’ont pas de transport en commun et ils n’ont pas de routes. Et en la matière, la Région nous dit : “Passez votre tour !” »
« On ne fera pas des Yvelines une Zup ! »
Le président du conseil général, lui, ne veut pas passer son tour, d’autant que le développement économique, notamment par le biais des opérations d’intérêt national, est aussi tributaire des dessertes routières et ferroviaires. Pas question donc pour Pierre Bédier, sous couvert de rééquilibrer le développement économique vers l’est de la région, de « sous-développer » l’ouest et les Yvelines.
Le second désaccord tient à la politique du logement. Si, sur les objectifs, le conseil général et la Région sont en accord, c’est sur la mise en œuvre que les conceptions divergent. Pierre Bédier pointe du doigt la volonté de la Région de préserver des espaces agricoles qui ne sont plus utilisés. « Le Sdrif prévoit la construction de 7 400 logements par an. Nous n’avons pas attendu le Sdrif. Nous serons au-delà des 7 000 logements permis en 2008. On est dans notre rôle pour répondre aux attentes des Yvelinois. Mais cet objectif n’est pas possible sans consommer des mètres carrés supplémentaires. Il faut admettre la consommation d’espaces », commente Pierre Bédier qui vise des « délaissés agricoles qui sont sacralisés dans le Sdrif ». « Si on réduit le nombre de terrains et qu’on augmente le nombre de logements, on fait des tours et nous ne voulons pas de tours dans les Yvelines. Les Yvelines n’ont pas vocation à recevoir les tours que Paris ne veut pas construire. On ne fera pas des Yvelines une Zup. »
« Notre devoir est de combattre ce projet », a lancé Pierre Bédier aux conseillers généraux. Et il entend faire appel à l’État « qui doit rappeler les impératifs en matière de développement de l’Ile-de-France. Si la Région ne fait pas les corrections nécessaires nous irons devant les tribunaux ».
Devant les tribunaux
Le Parti Socialiste s’est dit « déconcerté » par la position de Pierre Bédier. « Vous faites un mauvais procès au Sdrif », a commenté Claude Vuillet, le président du groupe socialiste, qui voyait dans cette prise de position davantage une attitude politicienne. Michel Espinat, pour le groupe des communistes, a lui été plus mitigé. Estimant que Pierre Bédier exagérait, il a néanmoins fait les mêmes reproches concernant « l’offre insuffisante de transport » pour les dessertes des OIN, la Grande Ceinture Ouest et l’A104. Pour cette raison les deux élus communistes se sont abstenus tandis que les élus socialistes, sauf Philippe Esnol, le maire de Conflans, qui s’est lui aussi abstenu, ont voté contre.
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