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Justice Jawad débat sur les prisons
Pour la deuxième année consécutive, l’association Justice Jawad organise une journée de discussion, de débat et de rencontre autour du thème de la détention le 21 juillet 2007 à l’espace Rodin Anna de Noailles.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  18 juillet 2007
Page 14 

Afin de sensibiliser tant les acteurs que les pouvoirs publics, l’association se veut avant tout un lien de progression sociale ainsi qu’une aide précieuse bénéficiant de onze années de travail en relation étroite avec le milieu carcéral.

Rappelons que l’origine de cette démarche est la mort du jeune Jawad Zaouiya le 12 juillet 1996 dans l’incendie de sa cellule à la prison de Bois-d’Arcy. Onze ans après ce drame, le père de Jawad, Salah Zaouiya, continue à se mobiliser afin de prévenir et de dénoncer les conditions de vie du monde carcéral. Cette journée du souvenir et du rassemblement se veut un lieu d’échange ainsi qu’un manifeste à l’égard des conditions de vie dans les prisons, un véritable « no man’s land où l’arbitraire total domine » selon le président de l’association.

En plus d’une surpopulation très forte (60 771 écroués pour 50 207 places à l’échelon national selon les derniers chiffres de la direction de l’administration pénitentiaire), la prison souffre de multiples plaies comme l’insécurité et la promiscuité. De plus, le manque d’hygiène, la mauvaise prise en charge de détenus malades ainsi que les conditions de vie déplorables des « mitards » (quartiers disciplinaires totalement isolés renfermant des cellules de 2x3 mètres sans fenêtres et simplement pourvu d’un lit en béton, d’une table et d’un WC à la turque), renforcent un phénomène destructeur allant du passage à tabac au suicide en passant par les humiliations diverses et les sanctions arbitraires.

Arrêter de compter les morts

Si l’association Justice Jawad pointe du doigt les dérives inhérentes à la prison, elle se pose surtout comme un accompagnement pour les familles de détenus ainsi que comme porte-parole d’une réalité trop souvent ignorée tant par les politiques que par les magistrats. Pour Salah Zaouiya, il est donc temps de « dévoiler des vérités méconnues sur les conditions de vie en détention, sur des faits très graves qui s’y produisent, et sur des événements qui y sont enterrés ». Ainsi, par une collaboration active avec l’OIP (Observatoire international des prisons) et l’AFLIDD (Association des familles en lutte contre l’insécurité et les décès en détention), l’association poursuit sa campagne de mobilisation en réclamant la mise en place d’un organisme de contrôle de l’administration pénitentiaire et de protection des détenus. C’est pourquoi, en se faisant le tremplin entre réalité carcérale et sphère publique, l’association Justice Jawad tente d’alerter le public sur les dysfonctionnements de la prison tout en sollicitant l’aide et l’attention des différents acteurs afin d’enrayer un processus qui, au lieu de réhabiliter le détenu, brise l’homme.

Plus que jamais, il est aujourd’hui temps d’agir et d’arrêter de « compter les morts » selon l’expression de M. Zaouiya.


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