« C’est dans ton esprit que je crache mon venin ; Le sort en est pris, tu peux toujours faire le malin ; Tout le monde sait que Mantes-la-Jolie, c’est loin ; 78, c’est là d’où l’on vient, c’est pas le bout du monde ; Faut prendre le train. »
Le refrain de 78, le tube d’Expression Direkt sorti en 1998, est repris par la foule. Samedi soir, au stade nautique, à quelques pas de leur quartier du Val-Fourré, les quatre membres du « premier groupe français de rap-réalité » ont « rafraîchi la mémoire musicale du public », selon l’expression de Kertra.
Expression Direkt n’était pas monté sur scène au complet depuis « sept ans » et la sortie de son dernier album « Wesh on écoute ou quoi ? » Un projet qui arrivait après une expérience décevante sur une Major.
Pour ceux qui ont suivi un peu l’histoire du rap français, le parcours sulfureux d’Expression Direkt est connu. Les membres de ce premier groupe à l’image « hardcore » apparaissent sur la compilation Ghetto Youth Progress en 1994 et un de leurs titres, « Mon esprit part en couille », figure sur la musique du film « La Haine », de Mathieu Kassovitz. Finalement boycotté par les médias après avoir fait parler de lui autant dans les magazines musicaux que dans la rubrique des faits divers, Expression Direkt reste un groupe emblématique du rap français et LA référence pour tous les Mantais, du Val-Fourré et d’ailleurs.
« On a laissé une empreinte »
« On a laissé une empreinte et si on peut être fier d’une chose, c’est bien ça », confie Weedy avant de monter sur scène. Chaque membre vit de son côté des expériences individuelles mais Expression Direkt continue d’exister. On retrouve d’ailleurs le groupe sur la compilation 78 All Stars sortie récemment.
Commencé vers 20 heures avec les groupes locaux, le concert a duré jusqu’à quatre heures du matin. Sur scène, se sont succédé les têtes d’affiche : Saïd de Marseille, seul chanteur de R’n’B, Rohff, Kerry James, rejoint par tout le collectif de la Mafia K1 Fry et La Fouine pour un moment d’émotion intense.
Le rappeur de Trappes a interprété un titre en hommage à sa mère, décédée l’année dernière, puis la Mafia K1 Fry est revenue et plus personne ne voulait s’arrêter. Dans la douceur de la nuit du 14 juillet, des milliers de personnes ont transpiré sur le son des rappeurs enchantés par l’ambiance de cette scène.
C’était la troisième édition de La Nuit du rythme, un événement financé et organisé par la Ville et des associations locales. C’était sans aucun doute la plus aboutie. On attend l’an prochain avec impatience.






