L’industriel du boulevard Salengro a connu des hauts et des bas depuis son installation dans ses locaux mantevillois, en 1956.
Économiquement, il est aujourd’hui en phase ascendante. Et de façon particulièrement bien marquée, à entendre ses responsables, puisqu’un « record » des prises de commandes vient d’être battu : « Sur les six premiers mois de l’année, pour l’ensemble de Sulzer pompes, leur montant est de plus de un milliard de francs suisses, détaille Jacques Rigaux, directeur du site et président de CCM Sulzer. À notre niveau, à Mantes-la-Ville, elle devrait osciller entre 60 et 90 M €. C’est un record depuis la création de l’entreprise de façon indépendante en 1992. »
Succès chinois
Dans ce contexte de croissance mondial, c’est essentiellement dans le domaine de la production d’électricité que Sulzer tire son épingle du jeu : « Nous avons enregistré plusieurs succès en Chine où on construit à la pelle. Ce sont des pompes destinées à des centrales nucléaires et à des centrales thermiques, au charbon, propres. Nous connaissons aussi des succès sur le marché du nucléaire français », détaille Jacques Rigaux.
Le groupe Sulzer confirme dans un communiqué publié jeudi 12 juillet sur son site Internet que les commandes de sa filiale pompes ont progressé de 19 % comparativement aux six premiers mois de 2006. « La demande est encouragée dans l’ensemble des régions, plus spécialement dans le Moyen-Orient. »
« Les pompes elles-mêmes sont fabriquées en Grande-Bretagne, mais la mise en groupe de l’ensemble de pompage et les essais sont réalisés à Mantes », complète le président Rigaux.
Ce retour des bons chiffres depuis un an s’accompagne d’une hausse des effectifs. Un inversement de tendance depuis le plan social de 1999 : « On ne retrouvera évidemment pas un nombre de salariés comme celui d’autrefois, mais depuis un an et demi, nous avons embauché une vingtaine de personnes. Nous sommes donc 115 aujourd’hui. Deux emplois, en CDI, ont d’ailleurs été créés début juillet. »
Les perspectives ? « Si l’ensemble de la filière se met à construire dans le monde, on aura du mal à suivre. On va être prêt à tourner au maximum plusieurs années, même s’il est difficile d’apprécier la durée et l’ampleur de ce cycle. »
Des trésors dans les armoires
Elles tiennent dans trois casiers d’un bureau soigneusement fermé à clef. Précieusement couvertes de papier, au noir dans leurs boîtes, elles constituent une partie de l’histoire de Sulzer pompes, de ses bureaux et personnels de Saint-Denis jusqu’à l’arrivée de l’entreprise à Mantes-la-Ville.
La direction de l’entreprise a accepté de dévoiler quelques-uns de ses meilleurs clichés. L’essentiel d’entre eux viennent de Saint-Denis, où Sulzer pompes était établi depuis sa création. Ils mériteraient une exposition…
CCM Sulzer a été fondée en janvier 1918, à la demande du gouvernement français, désireux de faire construire et entretenir par une société française les moteurs Diesel principalement utilisés pour la propulsion des navires. Après la guerre de 1914-1918, le développement de CCM Sulzer est orienté vers la vente d’équipements lourds, destinés à des installations industrielles. Après quarante ans à l’usine de Saint-Denis, le groupe a fait construire et équipé l’usine de Mantes-la-Ville, en 1958 sur 152 000 m2. Elle comprend alors onze halles de 300 mètres de long, dont une dédiée aux montages et essais des gros moteurs Diesel lents. Environ 350 machines sont installées dans les ateliers qui couvrent 52 000 m2. Un « atelier blanc » de 3 000 m2, isolé du reste de l’usine, est maintenu dans une atmosphère contrôlée, afin d’y réaliser du matériel destiné aux centrales nucléaires. Les générateurs de vapeurs de Saint-Laurent (1 et 2), Vandellos (Espagne), Brennilis EL4 (France) et Schmehausen THTR (en Rhénanie-du Nord-Westphalie en Allemagne) y ont été réalisés.
Fin des années soixante-dix, l’usine employait 1 200 personnes.
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