La “Belchatowskie Towarzystwo Fotograficzne” l’amicale des photographes amateurs de Belchatow (Pologne) a organisé le 24 juin dernier une visite commentée pour les journalistes étrangers participant à la fête des jumelages. Suite du reportage.
Les Belchatowiens sont très fiers de leur ville, connue non seulement à cause de l’exploitation du gisement de lignite (lire la précédente édition), mais aussi parce qu’elle possède une équipe de football, le GKS Belchatow classé en première division, et une non moins célèbre équipe de volley-ball qui joue dans la ligue européenne de volley. Quelques volleyeurs belchatowiens ont d’ailleurs intégré l’équipe nationale. En mai dernier, c’est ce club, triple champion de Pologne, qu’a rejoint le français Stéphane Antiga. Le réceptionneur-attaquant y a signé un contrat de deux ans.
Une ville sportive
Naturellement, la visite de la ville débute par le stade de 25 000 places, puis nous nous rendons au grand gymnase où s’entraîne l’équipe de volley-ball.
« La ville n’a pas assez d’argent pour financer une troisième équipe dans un autre sport collectif. Nos clubs ne sont pas aussi bien équipés que les clubs français ! », regrette Andrzej Juchniewicz président de la “Belchatowskie Towarzystwo Fotograficzne”. Jusque dans les années quatre-vingt, tous les équipements sportifs et les équipes étaient financés par l’Etat. Belchatow est plutôt très bien équipée en infrastructures sportives (piscines, gymnases, terrains de football et stade). Mais là aussi, on est passé dans le domaine privé. Les associations et les clubs tentent de se financer, avec un soutien évident du groupe BOT qui gère la mine et l’usine électrique. « Le développement de nos grands clubs, de volley et de football a été un succès », souligne aussi Andrzej Juchniewicz.
Après une rapide visite du musée régional qui comporte une collection d’objets rappelant la présence d’une communauté juive à Belchatow, puis quelques photographies de la grande époque socialiste qui fait plutôt sourire nos hôtes aujourd’hui (« l’évolution de l’homme s’est arrêtée avec l’édification du bloc de l’Est », glisse Andrzej Juchniewicz), notre promenade s’achève autour d’un repas avec tous les membres du club. La discussion tourne autour de l’histoire récente, la grande épopée de Solidarnosc et de Lech Walesa prix nobel de la paix en 1983. Un des membres de “Belchatowskie Towarzystwo Fotograficzne” me montre les clichés pris lors de la grande grève des chantiers navaux de Gdansk, qui a été le déclencheur d’une résistance pacifique au régime communiste, avant sa chute dix ans plus tard.
Aujourd’hui, les Polonais ont toutes les envies de s’ouvrir à l’ouest. L’envie de faire connaître leur culture, leur “polonité” dont ils ont été privés à cause des occupations successives (nazie, puis soviétique pour les plus récentes).
Le sentiment national polonais associé au catholicisme, est mêlé à l’envie irrépressible de conquête économique, mais chez les jeunes Polonais apparaît surtout le sentiment très fort d’appartenance à l’Europe. Cela ressort nettement de l’entretien que nous avons eu ensemble.
C’est aussi une des raisons de la volonté d’échange des photographes de Belchatow avec d’autres clubs de photographes européens. Quand les quinquagénaires ont connu l’enfermement soviétique, ils n’ont qu’une envie, de pousser leurs “jeunes” à s’exiler un temps pour voyager, et se former à l’étranger.
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