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Les Polonais, ces “Gaulois de l’Est”
Décennie du jumelage avec Belchatow
Le Courrier de Mantes
Publié le:  03 juillet 2007

Un coup de cœur de l’ancien maire d’Aubergenville pour cette région de Pologne a lancé le jumelage avec Belchatow il y a dix ans. Ces liens ont été renouvelés l’autre week-end. Reportage à Belchatow.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le courant passe entre les Français et les Polonais. Qui va en Pologne se souvient de ces soirées mémorables passées autour d’une bouteille de vodka glacée ou d’un verre de bière à chanter des chansons du répertoire populaire (“Szta Dzienweczka”, un chant un peu daté qui raconte l’histoire d’une jeune femme qui rencontre le prince charmant au cours d’une promenade dans les bois… tout un programme !), et à échanger sur tous les sujets avec chaleur et gaieté. On a pu lire que les Polonais étaient ces “Gaulois de l’Est”, c’est-à-dire si proches de nous. Et pourtant, leur tradition de la fête dépasse sans aucun doute nos usages. « La franchise de leurs sentiments et leur gentillesse forcent le retour en Pologne », atteste Jean-Claude Versyck président du comité de jumelage d’Aubergenville, lui-même marié à une femme d’origine polonaise, Maryla.

Tradition

Plutôt guindé, le dîner des délégations qui a eu lieu le premier soir au musée de Belchatow, a donné déjà un aperçu de la capacité de nos hôtes à faire tomber les barrières culturelles ou linguistiques. Toast après toast, les délégations française d’Aubergenville, lituanienne de Taurogi, hongroise de Csongrad, et russe de Sowieck (une enclave entre la Pologne et la Lituanie près du fleuve Niemen) ont mangé les plats typiques, la soupe à la saucisse appelée “zurec”, et le trinôme chou-pomme de terre-viande panée, échangé leurs cadeaux, une façon de pérenniser leurs liens.

Dans le parc du musée, le même soir, les Aubergenvillois ont assisté à une tradition ancestrale exécutée à la Saint-Jean, la nuit de la Sobótka, qui veut que les filles jettent des couronnes de fleur à la rivière : les garçons en mesure de les recevoir se marieront dans l’année. Une coutume à laquelle se sont pliés volontiers même les plus jeunes, les Polonais ont les traditions et le romantisme chevillés à l’âme.

Alors qu’une partie des Français d’Aubergenville, parmi la trentaine embarquée, a préféré reprendre des forces le deuxième soir, les autres ont découvert comment on fait la fête à l’Est. Et dans le genre, ce sont les pompiers de Belchatow qui savent se tenir. Embrassades, bras dessus, bras dessous, bouteille de vodka à moitié vide sur la table, ils ont chanté et dansé jusqu’à l’épuisement. Les Français, eux, se sont déhanchés sur des twists endiablés. Les vieux rocks et les succès commerciaux semblent avoir aussi un certain succès au pays de Chopin. Et en général, les Polonais ne se font pas prier pour quelques pas sur la piste. Dans le bus qui a raccompagné les délégations à leurs hôtels respectifs au milieu de la nuit, résonnaient encore les rumeurs de la fête et des ritournelles locales dans les têtes, très fatiguées. Il n’y avait encore à cette heure tardive que les autochtones pour chanter à tue-tête en se cramponnant aux sièges.

C’était le dernier soir de fête à Belchatow, quelque part au milieu de la Pologne, avec un grand concert populaire et le feu d’artifice. Il y eut aussi un feu d’artifice d’effusions au moment du départ des Français. Accolades et embrassades encore (ce n’est pourtant pas une habitude polonaise), on a dit au revoir, puis on a trinqué cinq ou six fois aux retrouvailles. Une façon assez festive de construire l’Europe, peut-être même plus efficace qu’un traité simplifié.


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