Le début de canicule du mois d’avril a fait espérer un chaud printemps. Que nenni ! Mai est arrivé avec un bon coup de froid et juin avec des trombes d’eau.
Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Vexin à la mi-juin ont eu des effets catastrophiques dans les champs.
« En vingt-cinq ans, je n’ai jamais vu cela », soupire Alain Rozier, agriculteur à Aincourt. « Les tempêtes accompagnées de fortes pluies arrivent de la vallée de l’Epte ou de la vallée de la Seine. C’est assez localisé. Mais cela fait de gros dégâts », poursuit-il.
En cinq jours, du 15 au 19 juin, il est tombé 120 mm d’eau (soit 120 litres au mètre carré).
La pluie, toujours survenue après un coup de vent, a littéralement couché les blés et les orges au sol. Vision désolante de champs plein de trous, comme des couvertures mangées aux mites.
Des dizaines d’hectares ont ainsi été touchés. Et pas question d’espérer une quelconque indemnisation. Il faudrait pour cela une déclaration de catastrophe naturelle, ce qui n’est pas le cas.
Malgré tout Alain Rozier veut rester optimiste : « S’il fait beau et sec, cela tiendra peut-être. La récolte sera plus longue à effectuer, plus coûteuse en main-d’œuvre et en carburant pour les engins. Il y aura peut-être une baisse des prix si nous n’atteignons pas le poids spécifique prévu à l’hectolitre. Mais on récoltera tout de même. »
Et s’il continue à pleuvoir ? « Les grains couchés commenceront à germer et on récoltera du fumier », répond Alain Rozier.
Un cas de figure qu’il ne veut pas imaginer. Pourtant, à une dizaine de jours des premières moissons, le risque est bel et bien là.




