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Une campagne de pub du Département qui fait parler
Pour mettre en avant ses compétences technologiques, le conseil général des Yvelines lance aux décideurs étrangers un message qui ne laisse pas indifférent.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  27 juin 2007
Page 8 

Au-delà des châteaux et des écrivains célèbres, le département des Yvelines veut aller de l’avant. Sans rien renier, mais en valorisant ses atouts en matière de technologie, et les faire connaître aux décideurs étrangers. Avant même d’être publiée, la campagne de presse a fait parler d’elle.

Une jeune femme vêtue d’un jean, d’un débardeur blanc portant le slogan « I love Techno » : voici ce que les lecteurs des « Échos » et du « Financial Times » vont découvrir en juin, juillet et septembre en apprenant que le département est « fou de technologie ». Le bas du visage seul est visible, la tenue ne masque rien des formes dont la nature a paré la jeune femme, mais l’image attire tout autant qu’elle intrigue. Pour le président du conseil général, il fallait un message choc et il est bien là. Premier département pour les emplois dédiés à la science, à la recherche et au développement, second département pour l’accueil des groupes étrangers, les Yvelines sont aussi le troisième pôle d’emplois d’Ile-de-France et un formidable espace économique et technologique. L’inconvénient est que cela se sait peu au-delà des frontières naturelles du département, et que ce positionnement est même méconnu de l’étranger.

Aujourd’hui, les Yvelines sont, non seulement, en compétition avec d’autres territoires européens, mais également avec des départements franciliens. La meilleure manière de valoriser ses atouts a donc semblé être celle de les afficher, « afin de renforcer l’attractivité économique », estime Pierre Bédier.

Tête coupée

Si l’intention n’a pas été critiquée, les moyens retenus ont ouvert le débat au sein de l’assemblée départementale, vendredi. Sur l’image de la femme, on attendait une Christine Boutin critique, mais il n’en a rien été : « La jeune femme suscite la joie, car c’est une jolie femme » et puisque les Yvelines signifient « Ève, donc la femme, choisir une femme pour représenter les Yvelines ne me choque pas », a assuré l’élue de Rambouillet. Même approbation du côté de Pierre Lequiller, le plus british des conseillers généraux yvelinois, qui a trouvé judicieux le choix d’un journal anglo-saxon « lu dans le monde entier ».

En fait, c’est de gauche que sont venues les critiques. Bien qu’il ait exprimé son attachement « à dynamiser les Yvelines », Claude Vuilliet, le président du groupe des socialistes et apparentés s’est offusqué du choix de la photo, affirmant que « la marchandisation de la femme n’élève pas l’humain ». À ses côtés, Marie-Hélène Lopez-Jollivet (PS) a surenchéri en affirmant ne pas se reconnaître dans ce visuel « en tant que femme », et s’est étonnée de voir vanter l’intelligence et la haute compétence en privant la femme de sa tête et de capacité de parole. Au nom du groupe communiste, Michel Espinat n’aurait peut-être pas retenu ce visuel, qu’il a néanmoins trouvé « très beau ». Pas de critique sur le fait que le conseil général ait saisi une opportunité de se valoriser. Mais l’élu a tout de même estimé que le budget de la campagne, bien qu’inférieur à ce qui pouvait se faire dans d’autres départements franciliens, restait « important. »

Quelque peu irrité par un débat plus attaché à la forme qu’au fond, le président Bédier a préféré recevoir les critiques « avec humour » et adopter le dossier malgré l’abstention des neuf élus de gauche, non sans se demander si le buste de Marianne ne devait pas être, lui aussi, soumis à la critique.

Pascale Tessier

Une campagne à 700 000 €

• La page de pub sera insérée à neuf reprises dans le journal « Les Échos » entre le 25 juin et le 14 juillet et dans une édition spéciale en octobre, et dans 9 éditions du « Financial Times » d’ici au 14 juillet et entre le 4 et le 25 septembre. La campagne a été assortie d’un documentaire diffusé sur la chaîne EuroNews le week-end dernier, et visible sur le site du conseil général.

• 700 000 € TTC, c’est le budget de cette campagne de presse. À titre de comparaison, le département des Yvelines consacre 4 M € annuels à la communication, tandis que la Seine-et-Marne affecte 4,8 M € et le Val-de-Marne 11,5 M € au même type de poste.


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