Issou. « La Récidive », un film pour parler du cancer
Des élèves et leurs professeurs du collège Jacques Cartier ont rendu un hommage poignant à l’un de leurs camarades par un court-métrage.
Le Courrier de Mantes
Publié le: 27 juin 2007
Page 10
Le ciné-club du collège Jacques-Cartier, animé par deux professeurs, Nicolas Tréhel et Rudy Blanchet, a reçu vendredi 13 mai le premier prix de sa catégorie au 7e Festival national du film scolaire et universitaire de Chartres. Avec ce premier court-métrage, c’est un bon début. Cette récompense a toutefois été accueillie avec émotion puisque le film « La Récidive » rendait hommage à un élève de cinquième décédé des suites d’une longue maladie.
Genèse du film
Tout commence en 2006, avec le script d’un spot publicitaire pour le festival Regard d’espoir contre le cancer, et les élèves d’une classe de collège préoccupés par l’absence de l’un de leurs camarades. « Pour tout le monde, c’était normal de participer à ce concours pour s’engager contre la maladie dans la mesure où Alexandre venait d’être hospitalisé à cause d’un cancer », se souvient Nicolas Tréhel, leur professeur de lettres et animateur du club cinéma. Les collégiens ont donc écrit un scénario profondément marqué des émotions véhiculées par cette situation. Ayant reçu le 39e prix de ce concours organisé par l’Éducation nationale, ils n’ont pas voulu en rester là dans leur engagement contre la maladie et ont choisi de réaliser un véritable court-métrage
Or, en février 2007, pour le club cinéma, c’est un choc ! Leur camarade disparaît. Le film, alors en court de tournage, cristallise toutes les interrogations et l’angoisse qu’une telle tragédie évoque dans l’esprit des jeunes et de leurs professeurs. Le scénario, à l’origine orienté vers une fin pleine d’espoir, est donc remanié, tant les événements poussent au pessimisme. « Le personnage principal, Jo, est une évocation de l’histoire de leur camarade », explique Nicolas Tréhel, « les cinq membres du club se sont beaucoup investis et ont mis, pour ainsi dire, toute leur âme dans le film ». Même le professeur de musique, M. Dumartin, a participé en réalisant une bande originale. Filmé et monté par Éric Tréhel, frère cinéaste de Nicolas, ce projet a nécessité l’apprentissage du BA-ba de la technique cinématographique, comme l’élaboration d’un story-board ou certains choix dans le découpage des scènes. « Notre démarche était sincère et honnête. Je pense que c’est ce qui fait qu’on a réussi à parler de cette situation avec beaucoup de pudeur, par un recours important à des symboles qui peuvent parfois donner un côté presque fantastique au film. »
De bonnes critiques
« Lorsqu’on a terminé le montage et visionné le résultat, on s’est dit qu’on avait fait un vrai film, presque choquant par son contenu et sa signification », raconte le professeur. Lors du festival de Chartres, ce travail collectif a d’ailleurs été activement défendu par certains professionnels, qui se sont montrés sensibles à la qualité artistique, à l’interprétation et à la richesse de la réalisation. Une preuve de plus pour tous les protagonistes de cette aventure que leurs efforts n’ont pas été inutiles.
Restent les messages du film sur le sens de la vie et sa gravité, et cet adieu mis en forme avec sobriété. Une intrigue simple où les choses les plus poignantes sont suggérées, avec une présence inquiétante de la mort en filigrane. « Il s’agissait de montrer que malgré tout, et même si c’est très dur, la vie continue. »
Thomas Gourlin
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