Courrier de Mantes
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Elisabeth Conquet, hôte à la ville, soprano à la scène
Le Courrier de Mantes
Publié le:  27 juin 2007
Page 12 

La demeure est superbe. Il y a comme une english touch dans sa décoration intérieure, pleine de charme. Dehors, les rosiers par centaines qui viennent d’y être plantés, les cèdres, les hêtres et autres tilleuls sentent bon la douceur de vivre impressionniste, chère à Giverny. Un havre de paix pour Elysabeth Conquet.

Native de Paris, elle a définitivement rejoint les portes de l’Eure « sur un coup de cœur » il y a quelques années et ouvert une activité de chambres d’hôtes rue Claude-Monet, dans une maison construite dans les années vingt. Celle-là même commandée par l’industriel et mécène des arts Daniel J. Terra, fondateur du musée d’Art américain. Aujourd’hui, elle fait le bonheur des convives de la maîtresse de maison.

Une vie enchanteresse. Elysabeth Conquet est soprano, justement. Derrière le chef d’entreprise se cache aussi une artiste lyrique qui sort de la scène du théâtre du Renard, à Paris, avec une première série de représentations de « l’opéra gourmand » « La Muse gueule » (ci-après).

Une autre vie entamée après des études musicales à la maîtrise de Radio France.

« J’étais en primaire, se souvient-elle. Un professeur de musique, qui était aussi souvent du jury de la maîtrise de l’ex-ORTF, m’a proposé de passer l’examen d’entrée. J’ai intégré une chorale d’enfants professionnelle puis j’ai travaillé à l’Opéra de Paris, où je suis restée une dizaine d’années. »

Premier rôle : Yniold, de « Pellas et Mélisande », présenté à l’opéra de Lyon. Elle n’a alors que 19 ans. Puis vient le rôle de Papagena, dans « La Flûte enchantée », mais aussi la création : « Les Fables de La Fontaine » (Offenbach), « Mort à Venise », à Nancy en 1991, etc., mais encore Radio France, où elle est régulièrement invitée pour créer des opéras. À l’occasion, l’artiste donne aussi de la voix pour les animations du célèbre village normand.

Aux petits oignons

Déjanté. « La Muse gueule », le « spectacle gourmand » dans lequel vient de jouer, entre autres, Elysabeth Conquet au théâtre du Renard (Paris 4e), est une perle de talents et de loufoqueries. Mis en scène par sa complice Aude Sardier, il est servi dans une cuisine (!) où les extraits d’opéras - dont les textes des livrets sont à l’occasion détournés - se mêlent aux chansons populaires : « Figaro » (Rossini), « La Bouillabaisse » (Fernandel), « Rigoletto » (Verdi), « Ave Maria » (Schubert), accompagnés par un pianiste délirant. Le célèbre duo des fleurs (« Lakmé » de Bizet) est épatant. Entre rire, attention sur le jeu et performances vocales des chanteurs, l’attention est sollicitée sans cesse et de partout. Une excellente approche de l’art lyrique. À voir - avant un retour à Paris ? - au festival Juste pour rire de Nantes, en octobre, mais d’abord à Vichy, le 7 septembre.


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