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L'école Curie doit déménager
L’école Marie-Curie va s’installer provisoirement dans les locaux de l’école Lumière. Pendant deux ans, le temps des travaux du Monoprix, onze classes vont y cohabiter, dont trois dans des préfabriqués climatisés de 60 m2. Les réactions sont vives face à cette annonce tardive.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  27 juin 2007
Page 14 

Le déménagement a finalement été officialisé mardi dernier. Le maire, Michel Vialay, s’est expliqué devant des parents d’élèves contrariés d’avoir appris par le directeur de l’école que l’école Curie devait déménager dans les locaux de l’école Lumière le temps des travaux du Monoprix. « Le processus s’est accéléré dernièrement et nous sommes là pour mettre tout le monde au même niveau d’information », a commencé le maire, avec le plan du quartier comme support visuel de son exposé, et Paul Fabiani, le directeur général des services, en renfort pour les explications techniques.

Mi-août, la démolition de l’immeuble qui abrite la Banque Populaire et la Mutuelle du Mantois va commencer. Et la zone de chantier va jouxter la cour de l’école. Le transformateur EDF qui s’y trouve doit aussi être changé. Les douze premiers mois de travaux, consacrés à la démolition et au gros œuvre, vont entraîner le passage de « soixante camions par jour ouvrable » pour évacuer 150 000 m3 de gravats. « Nous ne savons pas à ce jour s’il y aura une ou deux grues », a ajouté Michel Vialay.

« Confiance ébranlée »

Mené par un promoteur privé, Alta Réa, le lancement du chantier s’est fait très tardivement, a priori à cause des tergiversations de la Mutuelle du Mantois ou de la Banque Populaire (restera, restera pas ?). « Vous nous annoncez ça mi-juin. Notre confiance est ébranlée. Comment comptez-vous la rétablir ? », a interrogé une mère d’élève. « Je n’avais pas d’informations avant et, quand on n’a pas d’éléments, on ne peut pas donner de réponses. Nous consultons les techniciens avant de nous lancer dans un tel projet, avec la sécurité des enfants comme principale préoccupation », a répondu le maire, annonçant du même coup : « Nous allons profiter de ces travaux pour agrandir l’école et y construire un réfectoire et une cantine scolaire. Vous savez qu’il y aura bientôt de nouveaux logements sur le terrain de l’ancien hôpital. L’école Curie doit se préparer à accueillir plus d’élèves. »

En attendant, pendant deux ans, les six classes de l’école Curie seront installées à l’école Lumière, où deux blocs de préfabriqués seront montés. Quatre classes de 60 m2, sur deux niveaux, climatisées, vont donc encombrer la cour de l’école. Au sujet de ce transfert provisoire, plusieurs inquiétudes subsistent et d’autres ont été levées : les deux écoles garderont deux directions et deux équipes pédagogiques différentes, la carte scolaire ne sera pas modifiée et un parking voisin va être neutralisé pour que l’école gagne un peu d’espace. Les parents d’élèves s’inquiètent de l’encombrement à l’heure de l’entrée en classe et à celle de la sortie. À leur demande, la Ville a mis en place un cahier de doléances. Ils réclament aussi un comité de pilotage, composé d’enseignants et de parents d’élèves.

Un conseil municipal exceptionnel va avoir lieu lundi prochain avec un seul point à l’ordre du jour : le transfert provisoire de l’école sur lequel la préfecture doit se prononcer. En attendant, Michel Vialay s’est déjà heurté aux critiques de l’opposition lors du conseil municipal de lundi dernier.

Comité de pilotage

« À qui allez-vous faire croire que vous n’étiez pas au courant ? a commencé Marc Jammet (PCF), je demande un moratoire de six mois pour remettre ce projet à plat. » Joël Mariojouls, pragmatique, a poursuivi : « Il y a un conflit. Soit vous passez en force, comme vous avez l’air de vouloir le faire, soit vous mettez en place un comité de pilotage pour en sortir par le haut. Ce serait plus intéressant que de développer le syndrome Paul-Bert (en référence à l’école devenue un espace multifonctions l’an dernier, NDLR). » Philippe Calmette (PS) n’est pas revenu sur « le coût social » de cette affaire mais sur le montage financier en s’appuyant sur la délibération de vente en l’état futur d’achèvement du 23-29, rue Gambetta. « Nous apprenons que 300 000 euros de recettes sont prévues mais que, dans le même temps, vous achetez 240 places de parking à 22 000 euros la place. La Ville engage donc plus de 5 millions d’euros sur ce projet. C’est un gage de réussite pour le promoteur. » « Vous êtes exceptionnel pour torturer les chiffres, » lui a répondu le maire, soulignant « un besoin de places de parking public en centre-ville ». La suite des débats est prévue lundi prochain, à 19 h 30.


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