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La droite victorieuse… mais la gauche résiste
La victoire de l’UMP est nette, mais ce n’est pas un triomphe. Si elle emporte les six sièges qui restaient à conquérir, deux de ses députés ont eu du mal à faire la différence. Pierre Bédier à Mantes et, dans une moindre mesure, Jean-Michel Fourgous, à Trappes-Elancourt, ont rencontré un électorat de gauche très mobilisé, alors que leurs troupes avaient considéré la bataille gagnée d’avance. Un vote qui met aussi en lumière un changement de l’attitude de l’électorat du MoDem, visiblement connecté à gauche.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  20 juin 2007
Page 8 

Les six députés sortants de l’UMP ont rempli leur contrat. Même si cela n’a pas toujours été sans mal. La faiblesse de la participation, la plus mauvaise aux législatives depuis mars 1993, est pour beaucoup dans leurs difficultés : 55,93 %, alors qu’au premier tour, elle était de 61,40 %. La 12e (Poissy-Plaisir), la 11e (Trappes-Elancourt), la 8e (Mantes) se disputant le plus mauvais score avec 54,20 %, 54,86 % et 54,52 %.

La droite démobilisée

Dans ces deux dernières circonscriptions, les députés sortants ont eu le plus de mal avec leurs adversaires socialistes : Jean-Michel Fourgous l’emporte de 1 072 voix devant Safia Otokoré, et à Mantes, le score est encore plus juste pour Pierre Bédier. Le président du conseil général ne gagne que par 470 voix devant Françoise Descamps-Crosnier (49,33 %), sauvé par le vote des petites communes rurales et par la ville de Mantes-la-Jolie, dont il fut le maire.

Visiblement, entre les deux tours, on a assisté à un renversement de tendance. Contrairement au premier tour, l’électorat de droite s’est démobilisé (Pierre Bédier le reconnaissait plus ou moins dimanche soir : « Les gens ont cru que c’était gagné », disait-il) pendant que celui de gauche s’est regonflé. On le voit nettement sur les trois circonscriptions en question. À Mantes, la candidate socialiste gagne 8 600 voix entre les deux tours. À Trappes, Safia Otokoré 5768, et à Poissy où Eddie Aït refait un retard de 6 663 voix, alors que, dans le même temps, les candidats de l’UMP peinaient à rassembler.

Autre phénomène intéressant, certains cantons ont nettement affirmé leur préférence à gauche. C’est le cas, sans parler de Trappes, de celui de Plaisir et de Mantes-la-Ville, signe de la résistance de certains bastions, acquis ou reconquis par la gauche aux dernières cantonales.

Douze sur douze quand même

Tout cela ne changera pas la physionomie du département. Comme en 2002, la droite emporte douze sièges de députés sur douze, et sa domination, si l’on fait le total des suffrages exprimés, est totale avec 55,36 % des voix contre 37,68 % au PS et 6,96 % au PRG. Même si la houle n’est pas aussi violente, la vague bleue est bien installée dans les Yvelines.

Le score de Christine Boutin, dans la 10e circonscription (Rambouillet), en est l’emblème. Avec 58,37 % des suffrages, elle pulvérise son concurrent, Didier Fischer (PS, 41,63 %). Elle se paye même le luxe d’arriver en tête dans toutes les communes, avec des pointes à plus de 77 % comme à Grosrouvre. Son ancienneté sur le terrain et son statut de ministre n’ont fait que renforcer sa situation. La participation y est d’ailleurs la meilleure du département.

Élection sans problème non plus pour Pierre Cardo, à qui il ne manquait que 250 voix pour être élu au premier tour. Il atteint 57,80 % des suffrages, alors qu’Estelle Rodes (PS) plafonne à 42,40 %. Plus de 10 500 voix séparaient les deux candidats à l’issue du premier tour, et même si elle en a gagné plus de 6 000, c’était mission impossible. Mais là encore, la droite n’a pas fait le plein de ses voix.

Même remarque pour Étienne Pinte dans la première circonscription (Versailles). Bien que le député sortant affiche un très honorable 57,70 % face à Sylvie Faucheux (42,30 %), il ne gagne qu’un peu plus de 1 500 voix entre les deux tours. Signe d’une démobilisation de son électorat et peut-être d’un mauvais report de voix de l’UDF-MoDem.

Le MoDem à gauche ?

En effet, si ici, comme partout en France, le FN avait prôné l’abstention, l’UDF-MoDem n’avait donné aucune consigne de vote, et l’on peut se demander comment se sont réparties les 25 600 voix de l’électorat UDF sur ces six circonscriptions. Au vu de l’évolution des scores des candidats de droite, qui ont très peu évolué entre ces deux tours, et certainement pas dans cette proportion, il n’y a que deux hypothèses : soit l’électorat du MoDem s’est abstenu, soit il s’est en grande partie reporté sur les candidats socialistes. Ce qui constituerait une réelle nouveauté dans le paysage politique des Yvelines et consacrerait la fin de l’alliance entre le centre et la droite, consacrée par les accords aux élections locales, municipales et cantonales.


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