À moins de trois semaines de la fin de l’année scolaire, les parents d’élèves de l’école Curie s’inquiètent de l’avenir, à court terme, de leurs enfants. Où seront-ils hébergés au mois de septembre ? Seront-ils obligés de s’installer à l’école Lumière ou vont-ils supporter pendant dix-huit mois les nuisances des travaux du futur Monoprix, qui doivent démarrer en août. Depuis la semaine dernière, ils expriment leur colère face à ce dilemme et à la manière dont la Ville gère le dossier.
La construction d’un Monoprix en centre-ville a été annoncée en juin 2006. Ce formidable projet immobilier, censé être une « locomotive du commerce de centre-ville », nécessite la démolition de l’immeuble situé à l’angle du boulevard Gambetta, juste à côté de l’hôtel de ville, et la construction d’un nouvel immeuble de trois ou quatre étages. Il comprendra les 3 000 m2 du Monoprix, 350 places de parking souterrain, des bureaux et trente à quarante logements privés. La Banque Populaire et l’ex-Mutuelle du Mantois (les Mutuelles Ensemble), installées à cette adresse, resteront dans l’immeuble neuf (après quelques tergiversations). Le chantier devait démarrer au premier semestre 2007. En fait, la démolition de l’immeuble va commencer au mois d’août et, évidemment, les nuisances risquent d’être nombreuses pour les riverains.
À proximité du futur chantier, se trouve l’école Marie-Curie. Cent cinquante enfants, répartis dans six classes, sont attendus à la rentrée scolaire. Jusqu’à présent, les parents d’élèves n’ont reçu aucune information officielle concernant le chantier. Le conseil d’école - qui réunit les enseignants, les parents d’élèves et un représentant de la mairie - du mois de mars 2007 s’était pourtant inquiété des conséquences des travaux. Les questions portaient sur la sécurité, le bruit, l’accès à l’école et le stationnement des enseignants pendant les travaux. Elles sont restées sans réponse.
Vendredi dernier, les parents d’élèves ont appris, de la bouche du directeur de l’école Curie, que la mairie envisageait de déménager l’école à la rentrée dans les locaux de l’école Lumière. Hervé Gaïffas, le directeur de l’école Curie, aurait été réuni par les services municipaux avec la directrice de l’école Lumière et l’inspectrice. Ils se seraient vu proposer cette solution : le déménagement de l’école Curie dans les locaux de l’école Lumière. Cette dernière peut accueillir huit classes en tout. Elle en héberge déjà cinq et compte 110 élèves. Trois classes de l’école Curie pourraient donc être hébergées sans problème. Les trois autres seraient installées dans des préfabriqués, ce qui implique un réaménagement important de la cour de récréation et de toute l’organisation des écoles, qui garderaient deux directeurs. Samedi matin, les parents d’élèves de Curie ont déployé des banderoles exprimant leur colère et leurs inquiétudes. Ils étaient aussi présents dimanche soir au moment des résultats du deuxième tour de l’élection législative. Ils ont été reçus lundi par le maire - « il n’avait aucune information à nous donner », confie Madeleine Garnier, une mère d’élève - qui les a conviés à une réunion mardi soir avec les techniciens.
Réunions publiques
« Le problème est soulevé à deux semaines de la sortie des classes », s’indignent Sophie Tisserans et Madeleine Garnier, deux déléguées des parents d’élèves. « Rien n’est écrit, rien n’est officiel. La question de l’école aurait dû être intégrée dans le projet immobilier et anticipée davantage. » A priori, les parents d’élèves ne veulent pas « d’une solution au rabais » qui consisterait à déménager l’école. « L’école Lumière n’est pas faite pour accueillir autant d’élèves pendant deux années scolaires complètes. Mais on attend aussi d’avoir des informations sur les nuisances du chantier. Le problème, c’est le manque de communication. On a l’impression que le dossier n’est pas prêt. » Jacques Ghilembert (FCPE) et Nathalie El Houch, deux autres délégués, reprennent : « Nous sommes scandalisés par la manière dont nous sommes traités. Ça leur semble extraordinaire qu’on réclame des informations. »
Le maire, Michel Vialay, ne tient d’ailleurs pas à s’exprimer sur ce dossier dans la presse. « Il le fera mardi soir avec les parents d’élèves et des réunions d’information sur le chantier sont programmées mercredi, l’une à 19 heures pour les riverains et l’autre à 20 h 30 pour les commerçants », explique le service communication. À suivre.




