« Il faut un suicide pour qu’il y ait une réaction… » Colère retenue parmi le personnel. Vendredi, une soixantaine d’agents des services des sports, techniques et plusieurs assistantes maternelles se sont rassemblés devant la mairie à l’appel de la CGT. Le mouvement fait suite au suicide d’un collègue survenu le 4 juin, découvert pendu dans les ateliers municipaux du stade du Moulin-des-Rades.
Le contexte de ce geste désespéré, sur le lieu de travail, a suscité le désarroi parmi le personnel dont les représentants, qui craignent un nouveau drame, pointent « les difficultés de fonctionnement et d’organisation du service des sports ».
Les problèmes sont multiples, à entendre les témoignages des uns et des autres qui décrivent des relations parfois difficiles avec la hiérarchie. Mais celui de « pressions » dues à des sous-effectifs sur une longue période est le plus récurrent.
« La ville compte normalement huit gardiens, détaille un agent, mais quatre étaient en arrêt de travail et ils n’étaient pas remplacés. Ça occasionne forcément plus de travail. Il y a eu deux embauches… le jour où notre collègue s’est suicidé. »
Du côté des services techniques, « nous sommes une quinzaine, dit un autre. Pour bien fonctionner, nous devrions être le double ».
Au cabinet du maire, on estime « anticipé d’affirmer que cet agent exerçait ses fonctions dans un climat tendu. (…) », mais on confirme un travail en « flux tendu » : « Nous sommes confrontés aux problèmes de santé des agents du fait de la pénibilité de leurs tâches, d’où des arrêts de travail justifiés qui entraînent une surcharge de travail pour les agents en fonction. Nous sommes collectivement touchés et nous mettrons tout en œuvre pour éviter que l’on vive à nouveau ce genre drame. »
Commission d’examen
Dans le tract, appelant au rassemblement, distribué cette semaine la CGT s’insurge contre des engagements du maire qui n’aurait pas été tenus : « Depuis avril 2006, nous étions régulièrement interpellés par les agents de ce service [des sports] qui rencontraient des difficultés (…). Malgré les engagements que Madame le maire avait pris un mois plus tôt, aucune enquête administrative n’a été déclenchée. »
Et Éric Vachet, délégué du personnel, de s’interroger : « Pourquoi autant de cadres s’en vont ? Il y a bien un souci. Nous allons changer de méthode : il faut aussi mettre les adjoints et les conseillers devant leurs responsabilités. »
Une pétition, évoquant les problèmes rencontrés, doit circuler dans les services ces prochains jours.
Une « commission d’examen », composée de représentants du personnel et d’élus de tous bords politique, doit se réunir ce vendredi 22 juin. Elle suivra un comité d’hygiène et de sécurité prévu la veille, comme l’a confirmé un représentant du cabinet du maire qui a reçu les agents après le rassemblement.




